Table ronde du 15 septembre 2012 à la Fête de l'Humanité

Le 15 septembre 2012, l'ADEP était invitée pour une table ronde organisée dans le cadre de la Fête de l'Humanité.

C'est Choukri ben Ayed qui officiait en « maître de cérémonie », troquant pour une fois son habit de conférencier pour celui d'animateur et passeur de parole.
A table donc, trois intervenants ; Bruno Tardieu de ATD Quart Monde, Christine Passerieux du GFEN, (Groupement Français pour l'Education Nouvelle), et François Méroth pour l'ADEP, (Amis et Défenseurs de l'Ecole Publique).

Il nous a été demandé :
• de présenter notre structure
• de tenter d'expliquer pourquoi l'école peine à se démocratiser et à évoluer
• de dire ce que nous pensons apporter au débat

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Présentation

L'ADEP est née en 2009 d'une opposition forte aux « réformes » de X.Darcos, que nous considérions comme néfastes.
Nous gardons de cette naissance un goût pour la résistance, un aspect « militant ». Cela dit, il existe d'autres collectifs qui sont vigilants et là n'est pas l'originalité de l'ADEP.
C'est bien en réunissant parents, enseignants, DDEN et citoyens qui ne sont ni enseignants ni parents que l'ADEP a inventé quelque chose, de durable et de riche.
Croisant ainsi les regards, nous avons rapidement découvert plusieurs choses : la richesse et l'importance « politique », (au sens étymologique du terme), de l'éducation et de la pédagogie ; la précieuse difficulté et la délicate nécessité de la rencontre régulière, attentive et bienveillante entre familles et enseignants et plus généralement entre école et territoire. Enfin, dernier de nos « fondamentaux », nous croyons déterminant de mettre l'éducation au cœur de la Cité. D'abord sur la place publique mais aussi dans les médias. Par exemple en proposant des cafés-discussions devant la Mairie. Par exemple en proposant aux medias des textes, des prises de parole... Par exemple enfin en utilisant pleinement les réseaux sociaux.

Ce qui fait que l'école peine à « bouger », à être plus démocratique

Je voudrais ici évoquer trois aspects qui ne sont peut-être pas essentiels, (d'autres plus qualifiés que nous apportent des éléments passionnants sur cette affaire), mais qui ne nous paraissent pas assez souvent évoqués :


D'abord la question du temps éducatif. Il faut je crois que l'école soit d'un certain sens protégée des temporalités courtes qui sont celles du politique et du « tout consommation ». Et là il y a une difficulté certaine. Donner du temps à l'école, à l'enfant. Accepter d'inscrire l'écolution de l'enfant et de l'école dans des temps longs.

Ensuite il y a la question de l'ouverture.
Il me semble que c'est en ouvrant l'école sur son territoire et en intéressant le territoire à l'école que celle-ci peut (re)devenir intéressante pour l'élève, sa famille... Et il faut ici entendre territoire dans son sens réel, (le quartier... ), mais aussi « virtuel », les réseaux sociaux, les mondes numériques représentant une chance formidable en même temps qu'une injonction à évoluer.
Cela dit, une précision est importante : ouvrir l'école ne signifie pas « laisser les parents s'immiscer »... Des précautions sont nécessaires pour protéger les lieux de vie distincts que sont la classe et la maison...
Enfin, il faudrait que se réalise une grande alliance de ceux qui veulent démocratiser l'école avec les pédagogues.

Il se peut que je ne mesure pas l'ampleur des clivages, l'importance et la réalité des oppositions entre ces deux groupes que je cottoie, de ci, de là. C'est donc certainement un peu naïvement que j'imagine et aimerais réunis ces deux types d'acteurs de l'éducation. Il me semble pourtant qu'il peut y avoir consensus pour une école nouvelle, démocratique, innovante.

Ce que nous proposons

Mettre la question éducative sur la place publique
Dès le début, nous avons proposé des rencontres classiques, sous forme de conférences, le soir, sur des thématiques comme « école privée – école publique », ou « le travail de l'élève pour l'école en dehors de l'école ».
Mais nous avons rapidement réalisé que c'est sur la place publique qu'il faut inventer, discuter...Distribution de bulletins d'information, café-discussion, atelier en plein air lors de la Fête de l'ADEP sur des thèmes comme « pour ou contre les notes à l'école » ou « jeux de cartes...scolaires », et bientôt « participer à la concertation »...


Cette année, nous allons structurer notre réflexion et nos rencontres autour de la question « A quoi sert l 'école ? »

 

Faire évoluer les représentations
Notre association est petite. Mais elle intrigue, dérange, intéresse... nous ne savons pas ce qu'il en adviendra. Mais il est certain qu'elle aura permis de belles rencontres et parfois fait évoluer les représentations. Le regard des parents sur les enseignants a changé, et réciproquement. Ce sont aussi certaines pratiques de parents, d'enseignants qui ont évolué.


Moi-même, j'ai beaucoup changé dans ma façon de voir le rôle de l'école, dans mon appréciation des effets de la mise en concurrence des enfants, des établissements, dans ma perception de l'imbrication de l'école et de ses partenaires, de son territoire...

Conclusion

Lorsque nous disons qu'il est urgent de donner du temps à l'école, à l'enfant, lorsque nous disons qu'il faut que l'école et le territoire s'ouvrent et s'intéressent l'un à l'autre, lorsque nous disons tout cela, c'est en filigrane la question de la confiance que nous proposons de revisiter, de même que celle du sens de l'école.
Il est difficile de s'ouvrir aux autres si l'on travaille dans un univers de défiance, de remise en cause.
Il est difficile d'imaginer d'autres fonctionnements, d'autres relations au sein de l'institution scolaire mais aussi entre les écoles et leur environnement si l'on ne réfléchit pas collectivement à la question : « A quoi sert l'école ? »
Que chacun prenne ses responsabilités pour oeuvrer de son mieux dans deux directions : rétablir ou établir la confiance entre la société et son école, entre l'institution et ses fonctionnaires, entre parents et enfants. Et ensemble, sur la place publique, parler du sens de l 'écucation.

Sur le web : ADEP
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François Méroth