12 propositions des Cahiers Pédagogiques pour 2012

12 PROPOSITIONS POUR 2012 ressorties des Assises des Cahiers pégagogiques fin 2011

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1. FAVORISER LE TRAVAIL D’ÉQUIPE


Pour accompagner efficacement les élèves, le travail d’équipe doit être favorisé, ce qui implique un autre type de service des enseignants, des dispositifs permettant de mutualiser les nouvelles formes d’évaluation ou d’accompagnement. Le travail en équipe permet de croiser les regards sur les élèves, met de la cohérence dans les pratiques et les attitudes, facilite la gestion des cas difficiles, des conflits.


2. CHANGER PROGRESSIVEMENT LE SERVICE DES ENSEIGNANTS


Le métier d’enseignant ne se limite pas à « faire cours ». La notion de service doit être revue, afin d’intégrer les tâches nouvelles dans le secondaire, mais aussi d’établir plus de souplesse dans le primaire (maitres surnuméraires, échanges entre cycles, etc.).


3. MODIFIER RADICALEMENT LES MODES D’ÉVALUATION


L’évaluation ne doit pas être une machine à détruire certains élèves ou à en enfermer d’autres dans un conformisme scolaire qui ne correspond plus aux besoins de la société. Valoriser les réussites et les compétences acquises en dehors de l’école motive et redonne de la confiance en soi. Dans cet esprit les évaluations finales gagneraient à ne pas seulement se faire sur la base d’un écrit académique, mais à être plus diversifiées.


4. PRÉVENIR LE DÉCROCHAGE


150 000 sorties du système scolaire sans diplôme, c’est insupportable. Tout doit être mis en oeuvre pour éviter les décrochages scolaires : accompagnement social et scolaire précoce, réflexion sur les conditions de bienêtre des élèves favorisant les apprentissages. Il s’agit là d’une priorité.


5. DÉVELOPPER LA RESPONSABILISATION DE TOUS


L’école n’a pas seulement pour mission d’instruire, mais aussi d’éduquer et de socialiser. Ces missions interfèrent entre elles de façon systémique. Pour lutter contre violences et incivilités, il s’agit de substituer des pratiques responsabilisantes à un discours sécuritaire inefficace, en tirant parti des pratiques innovantes (établissements expérimentaux notamment).


6. OUVRIR L’ÉCOLE SUR SON ENVIRONNEMENT
Pour tenir ensemble ses différentes missions, l’école doit tendre à être un élément d’un espace public culturel et éducatif, ouvert à tous, avec un effort de mixité sociale, un lieu laïque d’échanges et de découvertes dans le respect de la liberté de conscience.


7. DÉVELOPPER LE PARTENARIAT LOCALEMENT


L’ouverture de l’école, c’est aussi le partenariat avec des acteurs éducatifs divers : collectivités territoriales, associations, institutions culturelles, scientifiques. Il doit s’inscrire dans un projet d’établissement global et ne pas être un à-côté. Il faut lutter contre la prétention de l’école de vouloir tout résoudre par elle-même et contre toute condescendance vis-à-vis des partenaires.


8. REDONNER DU POIDS AUX MOUVEMENTS D’ÉDUCATION POPULAIRE


Parmi les partenaires, une place particulière est à redonner aux mouvements d’éducation populaire qui n’ont pas pour seule vocation de prévenir le décrochage ou de s’occuper des élèves en grande difficulté. Ils ont une expérience et une expertise qu’il faut savoir utiliser pour former les enseignants, accompagner les projets.


9. ACCOMPAGNER ET VALORISER L’ACQUISITION DE COMPÉTENCES DES PERSONNELS DE L’ENSEIGNEMENT


Pour être à la hauteur des nouvelles exigences, il faut travailler autrement, changer les épreuves et modalités de recrutement, redonner du poids à la formation continue, abandonner l’évaluation infantilisante de certaines inspections au profit d’une reconnaissance de compétences acquises permettant notamment la mobilité professionnelle. La formation initiale, elle, doit être revue, avec rétablissement de vrais stages, déplacement du concours, épreuves transformées, du temps pour une vraie formation pédagogique.


10. CHANGER L’ORGANISATION DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES


Dans le secondaire comme à l’école primaire, une certaine autonomie est nécessaire, si en même temps subsiste et se développe un pilotage fort pour les grandes orientations et une organisation interne plus démocratique avec une part d’autoévaluation. Il faut développer les outils allant dans ce sens : conseil pédagogique, conseil d’école, etc.


11. DONNER PLUS DE SENS AUX SAVOIRS SCOLAIRES


Le découpage disciplinaire actuel et l’unique référence aux savoirs universitaires ne suffisent pas à intégrer de nouveaux savoirs à enseigner et ne correspondent pas à l’évolution de la société. Pour que ce qui est enseigné à l’école soit davantage relié aux besoins des futurs citoyens (débats sur les grandes questions existentielles, mise en avant de savoirs pratiques, liens entre les cultures), les programmes, l’organisation du temps scolaire, les modes de travail doivent être mis en relation avec la logique du socle commun : pédagogie de la réussite, définition de priorités, développement de compétences à long terme, donc de l’autonomie des élèves.


12. DÉVELOPPER L’INTERDISCIPLINARITÉ, Y COMPRIS POUR LA CERTIFICATION


Pour donner plus de sens au travail scolaire, il est indispensable de mettre la pédagogie de projet au coeur du système, en développant notamment des dispositifs interdisciplinaires sur le modèle des TPE, des IDD, de l’histoire des Arts. Ceux-ci ne doivent pas être des suppléments d’âme mais une des composantes de la certification finale, ce qui implique une transformation radicale du brevet des collèges en particulier et des examens en général. Ces dispositifs sont des occasions de développer les savoirs et compétences des élèves en décloisonnant et en croisant les disciplines.


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