Interventions - Table ronde

Le programme était bien rempli: Le programme, (aller en page 2)


 

Table ronde – 15H30 – Cinéma le Parc

(80 personnes présentes environs)

 

Pierre FRACKOWIAK

L'école est un problème de nation qui mobilise l'individuel collectif.

Une des questions de société ou d'opinion publique est le manque d'information sur la réalité des problèmes d'éducation, même si on croit savoir. Massivement l'opinion publique est conservatrice alors même que les savoirs, les enfants, les difficultés ont changé et se sont développés de manière exponentielle.

Les efforts de transformation de l'école sont difficiles à faire passer. L'opinion reste sur des représentations. Il y a une nécessité d'information et de dialoguer sur ces questions.

La situation de l'école aujourd'hui: elle est en phase de destruction, de dégradation profonde, prévue, voulue, mais ça ne se voit pas! Ce qui se voit c'est le quantitatif: fermeture de postes, augmentation d'effectifs ou réduction du budget. Mais ce qui ne se voit pas peut être encore plus grave: le programme, le contenu scolaire, les choix disciplinaires ne sont pas neutres.

En 1989 la Loi Jospin: l'élève est au centre de l'école, 80 ans de stabilité inspirée de Jules Ferry, 30 ans de flou, d'embrouillement au delà clivage politique.

Rupture depuis 2002/2005, les institutions et les savoirs sont au centre du système.

2007, différentes mesures, pas forcément présentées de manière très claire, parfois qui semblent bonnes. Du côté des programmes pourant, on revient aux programmes de 1923: on met la mécanique en avant plutôt que l'intelligence (grammaire/orthographe avant langage/lecture/écriture). Pourtant, pour apprendre à faire du vélo, il faut faire du vélo, et pas savoir comment il est construit ! Ceci augmente les inégalités. Les racines de cette vision sont une conception d'école libérale fondée sur la compétitivité et qui conduit à la violence et à l'échec ou vice versa.

 Comment faire après tous ces constats:

  • Nécessité d'avoir une vision d'avenir: Où on va? Que veut-on?

  • Avoir un regard positif, ne pas regarder toujours les manques, les absences mais enraciner les apprentissages sur ce que les enfants savent.

  • Changer la structure par une continuité, une conception globale de l'école qui ne soit pas le seul lieu d'apprentissage.

  • Communication avec les familles.

  • Remettre en place la pédagogie, mettre l'enfant en situation de construire ses savoirs par une démarche active en mettant en place des outils mentaux.

 

Michel DUBY

N'oublions pas que les difficultés actuelles sont en premier lieu le fait de la RGPP, (Révision Génrérale des Politiques Publiques), de la suppression du samedi matin défavorisant les enfants le plus en difficultés, de la diminution des fonds publiques.

Pédagogie: recrutement à bac+5 et + , or si personnel pointu pas besoin d'IUFM ni de formation continue. Une manière de modifier cette dernière vers sa suppression est d'incorporer les animations pédagogiques dans la formation continue.

Il existe tout de même des règles de conduite. La charte des inspecteurs en est un exemple.

Un exemple des tendances actuelles est le recours aux cabinets privés pour orienter l'instituteur (trice) suite à l'entretien individuel des 2 et 20 ème années (projet) qui remet en question la place des inspecteurs.

Une inspection d'école est l'inspection de l'ensemble des enseignants de l'école, en lien avec le projet d'école. La demande est un contrôle de plus en plus du travail personnel et des élèves pour du quantitatif qui tend de plus en plus vers le contrat d'objectifs.

 Directrice d'école

On parle de difficulté scolaire. Mais qui est en difficuluté ? L'enfant, l'élève, la famille ou l'équipe éducative?

Par rapport à quelles normes?

Communauté éducative non existante, enseignement basé moins sur famille que sur contenu intellectuel des programmes.

 Questions aux intervenants:

L'école: que faire.

  • Travail en réseau.

  • Comment mettre l'enfant au cœur du système quand il y a demande de modifications des résultats des évaluations jugés pas assez bons?

    C'est un pilotage par les résultats sans instruction et sans tenir compte du contexte. Il est non valable quand sont absents capacités, moyens, mises en relation . Il faut tout d'abord un accompagnement sinon pas de progrès car l'utilisation de « aurait dû » est avant tout une critique. Écouter l'histoire des gens . Tout projet d'école nécessite une cohésion , des experts ex-pairs, partir du positif pour les enseignants et pas par le jugement de valeur.. L'évaluation de système est plus intéressante. Nécessité d'un effort considérable en formation.

  • Lien famille/parents avec l'école. Le conseil d'école

    Il faut oser parler du problème du pouvoir, que les enseignants peinent parfois à partager avec les parents. Ouvrons l'école aux parents citoyens, porteurs de savoirs, qui peuvent apporter quelque chose (peut conduire aux maisons des savoirs et de la connaissances) et non pas comme parents d'élèves seulement.

    En parallèle et simultanément valorisons le métier d'enseignant comme une spécificité, de même quant terme de positionnement social (salaire).

  • Préconisation retour 1989?

    Société de l'information, de la connaissance et de la communication.

    Enfant au centre. Aller vers une éducation tout au long de la vie, donner le goût d'apprendre au tout-petit pour qu'il existe cette envie tout au long de leur vie.

    L'école est l'affaire de la nation et pas des experts. Inversement de la pyramide dans le sens de faire remonter les expériences pas l'encadrement intermédiaire vers les directions.

    L'humain est une personne et un être social, obligation de tenir compte des deux. Apprendre à être, apprendre à faire.

  • Petite histoire:

    Pierre Frackowiak mène un jour une inspection en CE2 dans un quartier difficile. L'enseignant pense que l'inspecteur est moderne et prend une histoire de « Boule et Bill » pour illustrer son cours. Il raconte l'histoire: un chien avec un os croise des chiens de plus en plus gros sur son chemin et craint qu'ils lui prennent son os. Sa peur augmente de plus en plus. Puis il croise un tout petit chien, là pas de problème, il se sent rassuré mais c'est justement celui-ci qui lui pique. Le maitre demande aux élèves s'ils ont écouté et leur demande ce que l'histoire raconte en faisant des phrases, il les fait travailler sur le texte, applique la transversalité, etc. L'inspecteur demande à nouveau ce que raconte l'histoire, les élèves restent accrochés au texte quand un élève au fond de la classe, muet jusqu'à présent, présent dans la classe pour 3 jours seulement (membre des gens du voyage), hirsute, bondit et crie « c'est pas les plus gros les plus méchants! ». A vous de tirer la morale de cette histoire...


     

    Conférence: L'école est-elle une marchandise?

    Eddy KHALDI

    20H30 – Salle rouge MJC

    55 personnes présentes

     

    Loi Carle:

     

    Jusqu'à présent répartition 80% pour l'enseignement public, 20% pour l'enseignement privé. En 2011, 16000 postes d'enseignants supprimés dans le public, 1600 dans le privé. Au contraire proposition de rajouter des postes en prenant 4 millions de l'éducation nationale pour la création de 250 postes dans privé. Par ailleurs dans le département 74, suppression de 30 à 40 écoles publiques alors qu'une est créée dans le privé. On est loin du rapport 80/20.

     

    En outre, financement de l'élève dans le privé, hors commune de résidence, au nom là encore de la parité et de la liberté d'enseignement alors que dans le public accord obligatoire de la commune pour toute dérogation. Or si obligation scolarité, obligation de financement (les taxes et impôts recouvrent indifféremment les frais de scolarités des élèves résidant dans la commune dans le public comme dans le privé plus des élèves hors commune de résidence scolarisés dans le privé; les parents ayant choisis de ne pas financer une école privée le font indirectement). Ce ci dénature le dispositif législatif.

     

    Individualisation du rapport à l'école. Combat institutionnel fort entre un usager et sa commune au profit d'une relation marchande.

     

    Historique:

     

    Loi Guizot 1833: Principe commercial, école est un rouage de l'économie faite pour l'école, logique patriotique.

    Ecole est une question de société, projet collectif et pas seulement individuel.

     

    1880-1886, école obligatoire gratuite et laïque, 1ère séparation école/église puis église/état en 1905.

    Années 60: Mise en place concurrence privée dont l'état n'a que les charges à financer.

    1984: concept du libre choix qui change le rapport à l'école, partenaires mis en posture d'usager, service programmé peut-être rendu tant par public que privé. Laïcité enfermée à cette époque quasiment qu'autour du scolaire, aujourd'hui concerne tout sauf le scolaire.

     

    Ceci amène à plusieurs dérives:

     

    • Conduit au libéral: différence entre dire les écoles privés sont des écoles de la république et dire qu'il y a plusieurs écoles dans la république.

    • Conduit au clérical.

    • Logique politique: le système éducatif subit une réforme bien tranquille qui si elle réussit va révolutionner le système tout entier comme la désinstitutionnalisation pour diminuer la surface de l'état, individualiser le rapport à l'école, etc.

    • Inégalités au profit du privé comme la suppression de l'IUFM avec maintien des organismes de formation privés, le financement de constructions nouvelles (ex PARIS, 40000 élèves dans 71 lycées publics, 20000 élèves dans 105 lycées privés; dans privé 15% des classes moins de 15 élèves, 30% des classes moins de 19 élèves alors même que plaintes sur manque de classes).

     

    Questions diverses:

     

    • Fausse idée de parité.

      La parité est un concept qui n'existe pas, reconnaissance juridique que des citoyens.

      Dans le privé accueil différent: acceptation de boursiers moindre, pas de suppression d'établissement (rupture contrat quasi inexistante), aucun avis préalable auprès des collectivités locales pour la Loi Carle.

    • Ecole républicaine:

      Permet d'être un citoyen comme un autre.

    • Obligation de financement des communes et conseils généraux:

      2000: Code de l'éducation, école publique fonds publics; école privée fonds privés.

      Loi Carle, le législatif est oublié. Pour financer le privé dérogation nécessaire à l'abrogation de cette interdiction. Ex le conseil verse 175000 aux organises sous contrat privé.

    • Perspectives par rapport dichotomie

      Restriction établissements publics pour les jeunes enfants au bénéfice des établissements privés sous et hors contrat pour des parts de marché dans la création de jardins d'éveil par exemple.

    • Existe-t-il des textes pour l'obligation de construction de lycée public quant absent sur une commune importante alors même que 2 lycées privés?

      Celui du 10/06/1985 dans le code de l'éducation si les crédits correspondants sont dans le budget.

    • Existe-t-il une demande pour le public?

      Dans le 1er degré plus que dans le 2ème car à ce niveau le privé ouvre des sections spécifiques ou spécialisées plus importantes.

    • Les établissements privés sont-ils tous catholiques?

      Il existe 12 à 13 réseaux privés mais 96% des établissements sous contrat sont catholiques, il y a une communautarisation de l'espace scolaire.

    • En sait-on plus sur l'accueil des tout-petits à la rentrée prochaine?

      Financements croisés, fonctionnement avec sanitaire et social pour avoir de la main d'œuvre (stagiaires), responsable diocésain pour chaque secteur...

      Au sein de la CCPR, enfants de 3 ans sur liste d'attente poussent aux solutions alternatives...

    • Peut-on refuser un enfant à l'école?

      Le seuil de tolérance est un effectif de 35, c'est la commune qui décide.

      Enseignement 3-16 ans en faveur d'une continuité éducative, réduction des ruptures entre les différents niveaux: GS/CP, CM2/Collège, Collège/Lycée.