Refondation, Chronique n° 4, par Pierre FRACKOWIAC


Si l'on en jugeait par l'évolution de la tonalité des discussions dans les réunions de concertation, le changement, ce ne serait pas pour demain.

Il faut entendre comme les acteurs zélés de la politique ultra libérale autoritaire des années Sarkozy occupent les débats pour démontrer que les politiques qu'ils ont imposées sont bonnes et indiscutables.
La rectrice de Clermont Ferrand a pu expliqué longuement, avec une délégation d'élus ravis, que la refondation est en marche depusi 2002 dans le domaine du numérique; le directeur de la DEP a pu expliquer la pertinence, la qualité technique irréprochable de la politique d'évaluation, l'adhésion massive des enseignants (je croyais rêver) et qu'il suffirait de quelques corrections (et encore!) pour refonder. Une secrétaire générale d'académie a disserté longuement sur le caractère refondateur du pilotage par les résultats et des contrats d'objectifs importés des entreprises et de la banque. Il ne manquait que le DGESCO venant décrire la réussite du formatage de l'encadrement et de la caporalisation du système.

Le mot REFONDATION disparaît des échanges.

Le fait de ne rien changer à la rentrée, de ne pas prendre en compte tout de suite la souffrance des enseignants, des élèves et des parents, et donc de donner l'impression, habilement exploitée, de cautionner les politiques destructrices précédentes, permet toutes les arrogances.
Nul doute que le ministère va s'empresser de redresser démocratiquement la barre, de conseiller aux animateurs des groupes de remettre la refondation à l'ordre du jour, peut-être même d'en redonner une définition. Faute de quoi, le changement disparaîtra dans les sables mouvants du consensus mou qui s'installe.