Procès des défenseurs de Jacques RISSO .

PP
VpPdrocès des défenseurs de Jacques RISSO rocès des défenseurs de Jacques RISSO 
>
 accusés par Mme Laurence BRILLAUD, IEN d'Apt, d'avoir porté atteinte à son honneur ou à sa considération.

Ce mercredi 18 février 2015, le Tribunal correctionnel d’Avignon a rendu son délibéré : "NULLITE de la plainte avec constitution de partie civile" déposée par Laurence BRILLAUD, Inspectrice de l’Education Nationale de la circonscription d’Apt, contre le syndicat SNUDI-FO 84, représenté par son Secrétaire Vincent COTTALORDA, et Chantal FASSIE, défenseur syndical FO de Jacques RISSO.

Rappelons que

- lors de l’audience du 21 janvier 2015, le Procureur de la République avait requis la RELAXE pour les 4 chefs d'inculpation de "diffamation envers particulier par parole, écrit, image, ou moyens de communication au public par voie électronique" les 8 et 13 octobre, 1er novembre, 13 et 15 décembre 2013.

- Pierre Frackowiak  avait été convoqué au Tribunal pour une mise en examen dans la même affaire mais, au terme d'une audition de près de deux heures, la juge avait abandonné cette possibilité, se limitant à le désigner comme témoin assisté

- à l'origine de cette affaire, on trouve le scandale de la suspension de Jacques Risso de ses fonctions de directeur de l'école de Rustrel. Jacques Risso a fait l'objet d'un acharnement inadmissible de la part du DASEN, Dominique Beck, malgré l'opposition des syndicats unanimes (FO, SE, SNUIPP). Il a fallu une décision du Tribunal Administratif pour rétablir Jacques Risso dans son honneur et dans un poste de direction d'école après plus d'un an de souffrance.

- la hiérarchie de l'Education Nationale avait été mise en cause dans un rapport de l'Inspection Générale mettant en évidence les faiblesses et les erreurs de la hiérarchie de l'Education Nationale (IEN, IEN Adjoint, DASEN)

- la chaîne hiérarchique IEN / IEN Adj / DASEN a toujours laissé entendre qu'elle agissait avec le soutien du recteur et du ministère, ce qui ne manque pas de poser problème au regard de la démocratie dans l'Education Nationale

Pour l'heure, les suites qui seront données à cette affaire sont en cours d'examen par les avocats: prise en charge des frais de justice et d'une indemnité pour le préjudice subi par les parties injustement mises en cause, rappel du droit syndical, relance des poursuites de Jacques Risso contre l'inspectrice, campagne de communication sur la souffrance des enseignants et leurs droits, demande de sanctions contre la chaîne hiérarchique afin de rétablir un climat de confiance dans le département du Vaucluse et dans la circonscription d'Apt.

Rappel: Jacques Risso est l'illustrateur du livre de Pierre Frackowiak, "L'école. En rire, en pleurer, en rêver" (Préface d'André Giordan, postace de Philippe Meirieu) Edition Chronique Sociale Lyon. Dans cet ouvrage, les politiques de destruction de l'école et les pratiques de "management" de la majorité de droite sont mises en cause, mais c'est sous un gouvernement de gauche que Jacques Risso a été sanctionné  et martyrisé... au mépris de toute sa carrière, de son engagement et du droit syndical.

Une campagne est  menée pour une refondation de l'inspection et de la gouvernance du système éducatif, condition d'une véritable refondation de l'école. Mais il apparaît difficile de réformer, les pouvoirs successifs semblant être attachés à la caporalisation, à l'infantilisation des enseignants dont la souffrance s'est accrue avec le pilotage par les résultats et avec un autoritarisme exacerbé depuis 2007 et non remis en cause en 2012.

Cette affaire aura néanmoins quelques mérites

- le rappel de la nécessité pour les enseignants d'être syndiqués

- la mise en évidence que les potentats et petits chefs peuvent être contestés, désavoués et peut-être sanctionnés même dans un système pyramidal autoritaire comme l'Education Nationale

- le droit à la contestation, à la dérision, à l'humour, à l'indignation  fait partie des valeurs de la République dont on parle tant depuis janvier 2015. Même à l'Education Nationale! On ne réussira pas à tuer ni Jacques Risso, ni Chantal Fassié, militante exemplaire de FO.

 

Avec un peu de recul, je m'étonne quand même du silence de certains amis (politiques, syndicaux, associatifs) et des recommandations de quelques hiérarques considérant que je menais un "mauvais combat" (le petit a toujours tort face au grand, même quand l'incompétence et les erreurs du grand sont manifestes), comme si lutter pour la justice et les valeurs était une erreur quand il s'agit de l'encadrement. On a moins de scrupules quand on martyrise les enseignants de base... Je m'étonne aussi du silence assourdissant des syndicats d'inspecteurs. Il est vrai que d'autres combats comparables sont engagés dans d'autres départements où des comportements hiérarchiques aberrants s'accumulent.

A suivre...

Pierre Frackowiak .