Le HCE prône de nouvelles évaluations pour piloter le système éducatif

Source: AFP

Le Haut Conseil de l'éducation (HCE) prône, dans un rap­port remis à l'Elysée, de bâtir de façon "indé­pen­dante" de nou­velles évalua­tions pour le pilo­tage natio­nal du sys­tème éduca­tif, celles de CE1 n'étant pas assez "rigou­reuses" et celles de CE2 et 3e pas assez "fiables".

Le groupe de neuf experts "sug­gère de créer un dis­po­si­tif nou­veau" et de confier sa mise en oeuvre "à une agence déva­lua­tion indépendante".

"Il est essen­tiel en effet que, dans notre démo­cra­tie, les don­nées concer­nant les résul­tats de notre sys­tème éduca­tif soient objec­tives et trans­pa­rentes, donc incon­tes­tables", conclut le HCE dans un rap­port remis mer­credi au pré­sident de la République et dont l'AFP a eu copie jeudi.

En fin de CE1, les évalua­tions "ne peuvent ser­vir de sup­port à l'élaboration rigou­reuse d'un indi­ca­teur de pilo­tage du sys­tème éduca­tif", juge le HCE.

Etant orga­ni­sées dans l'ensemble des écoles du pays, il y a une "confu­sion mani­feste" entre des évalua­tions péda­go­giques, utiles aux pro­fes­seurs pour adap­ter leur ensei­gne­ment en fonc­tion des acquis de leurs élèves, et des évalua­tions des­ti­nées au pilo­tage du système.

En outre, cer­tains ensei­gnants laissent plus de temps que d'autres pour faire plan­cher leurs élèves. D'autres encore peuvent être ame­nés à "pré­pa­rer" leurs élèves car un cer­tain nombre de ques­tions sont iden­tiques d'une année à l'autre. Enfin, ces évalua­tions se fondent sur les pro­grammes, et non sur les sept com­pé­tences du "socle com­mun" que tout élève doit acquérir.

En fin de pri­maire (CM2) et en fin de col­lège (3e), c'est "la fia­bi­lité" qui "n'est pas assu­rée", notam­ment parce que "le flou de cer­taines consignes de l'institution en ce qui concerne la vali­da­tion de chaque com­pé­tence se tra­duit sur le ter­rain par des pra­tiques variables d'une école ou d'un col­lège à l'autre, voire d'une classe à l'autre".

Ces cri­tiques des évalua­tions exis­tantes, sur­tout de CE1, sont très proches de celles faites depuis trois ans par les syn­di­cats ensei­gnants et les "résis­tants" péda­go­giques, mais que le minis­tère a refusé de prendre en compte.

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