La pédagogie coopérative a de l'avenir !

La pédagogie coopérative pourrait bien se révéler d’une étonnante modernité pour répondre à la double contrainte de différencier tout en gardant une gestion collective de la classe.

Une interview de Stéphanie Fontdecaba, que nous connaissons un peu...

Quelques extraits ci-dessous. Pour l'article complet: http://ecolededemain.wordpress.com/2012/11/05/cooperer-en-classe/

Bonjour Stéphanie Fontdecaba, peux-tu te présenter ?

Professeure des écoles depuis septembre 2000, j’ai enseigné ces 9 dernières années dans des classes coopératives multi-âges, soit maternelle-CP, soit CP-CM, dans un RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) des Hautes Corbières dans l’Aude.

Qu’est-ce-que ça veut dire concrètement coopérer en classe ?

Coopérer, cela signifie agir ensemble pour créer quelque chose de commun ; en classe, cela veut dire apprendre ensemble avec et par les autres et non plus à côté ou contre les autres. Cela implique une réelle communication au sein de la classe, entre les élèves. Les échanges permettent d’avancer dans les apprentissages, de chercher ensemble. Chacun est alors une ressource potentielle pour le groupe et peut être appelé à l’aide par ses camarades qu’il sache faire ou pas.

Comment faut-il organiser la classe ?

La coopération commence par la création d’espaces de communication (Quoi de Neuf ?, Conseil, réunions, présentations, etc.) dans lesquels chacun peut s’exprimer, être écouté, être questionné, s’interroger, interroger le groupe, être reconnu par les autres en tant que personne. Un gros travail sur la maîtrise de la langue orale est indispensable : apprendre aux élèves à s’exprimer -demander, questionner, expliquer, argumenter- à écouter l’autre, à accepter la divergence de points de vue, dans le respect des règles de vie de la classe. Cela demande aussi que chacun ait une bonne connaissance de soi, de ses besoins, de ses difficultés, de ses compétences, ainsi qu’une connaissance des autres. Il est en effet plus facile de trouver de l’aide lorsqu’on sait de quoi on a besoin et à qui s’adresser. Pour ce faire, l’enseignant doit inciter les élèves à l’échange, à la mutualisation des savoirs et à la réflexion.

Pour que communication et apprentissages se fassent sereinement, l’enseignant doit mettre en place un cadre qui réglemente les prises de parole, la circulation dans la classe, l’utilisation des outils, la gestion des conflits. Les outils mis à la disposition des élèves pour avancer dans les apprentissages (fichiers autocorrectifs, jeux, matériel divers à manipuler) doivent être introduits petit à petit afin que chacun se les approprie, les utilise à bon escient et sache les ranger.

En ce qui concerne la gestion des apprentissages, l’outil indispensable est le plan de travail, parfois aussi appelé feuille de route, qui permet à chaque élève de planifier, sur une période donnée, les notions à apprendre, les travaux à faire, les projets en cours. Cet outil est la partie visible de la différenciation des apprentissages car il est personnel et différent selon chaque élève, même si une partie du travail peut-être commun à l’ensemble de la classe.


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