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Quand les fonds publics ne vont pas aux établissements publics...

J-C Carle fait campagne pour que les écoles de production bénéficient de la taxe d'apprentissage

Le sénateur Jean-Claude Carle a déposé une proposition de loi pour modifier le statut des écoles de production, actuellement désignées comme des "établissements privés d'enseignement technique hors contrat". Le sénateur de Haute-Savoie demande notamment que les entreprises soient autorisées à verser à ces écoles une partie du quota et le barème de leur taxe d'apprentissage; que soit accordé aux élèves le bénéfice de la carte d'étudiants des métiers créée par la loi du 28 juillet 2011 et qu'ils bénéficient des aides à la scolarité et aux bourses nationales dans les mêmes conditions que les élèves scolarisés dans un collège ou un lycée public.

L'objectif de cette proposition de loi est d'aider au développement de ces écoles. Il en existe aujourd’hui 13, dont la dernière, qui vient d'être créé à Paris en juin 2011, est rattachée au lycée privé catholique Albert de Mun. Ces écoles sont adossées à des structures comme l'ICAM à Toulouse et à Lille, ou à la fondation des apprentis d'Auteuil à Marseille.

Mais la plupart sont situées en Rhone-Alpes, leur terre d'origine, où elles bénéficient exceptionnellement des subventions de la région et de la taxe d'apprentissage. La première a été créée en 1882 à Lyon. Elles forment 500 jeunes par an, de 14-15 ans, à la menuiserie, la carrosserie, la cuisine, la couture… "Dans nos écoles, on produit pour de bon" explique Marc Teyton, président des écoles de production. Logique, puisque ces écoles vendent leurs production à des entreprises clientes, qui financent ainsi la formation des jeunes. "Nos formations coûtent au maximum 800 euros par an" indique Marc Teyton.

Les élèves sont des jeunes en grandes difficultés scolaires et sociales et "nous obtenons 90% de réussite aux examens (CAP, bac pro), et un taux de placement en entreprise de près de 100 %. Les 2/3 du temps de la formation, assurée par des professionnels est dédié à la production, 1/3 à l'enseignement des 'fondamentaux', assurés par des professeurs issus de l'Education nationale. Nos élèves sont opérationnels à la sortie", souligne Marc Teyton.

Cette proposition de loi sera discutée lors de la reprise des travaux parlementaires en juillet prochain. Jean-Claude Carle, qui affirme avoir le soutien enthousiaste de Jean-Jack Queyranne, de Gérard Collomb, d'Anne Lauvergeon et de Philippe Meirieu, redoute toutefois que les syndicats soient un frein à son projet.

En attendant, la fédération des écoles de production vient recevoir du fonds A2I (agir pour l'insertion dans l'industrie, présidé par Anne Lauvergeon) un financement de quelque 300 000 € sur 3 ans.