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Directeurs d'Ecole: du malaise à la souffrance

Les direc­teurs d'écoles sont pas­sés « d'un malaise à une souf­france au tra­vail », affirme Christian Chevalier, secré­taire géné­ral du SE-Unsa, qui dévoile ce matin les résul­tats d'une enquête sur les condi­tions de tra­vail et les attentes des direc­teurs.

Les mis­sions des direc­teurs d'école sont jugées « plé­tho­riques ». Ils doivent pré­pa­rer et ani­mer le conseil d'école, élabo­rer tous les trois ans un nou­veau pro­jet d'école, suivre la sco­la­rité des élèves han­di­ca­pés et de ceux en dif­fi­culté, orga­ni­ser les élec­tions de parents d'élèves, gérer le bud­get, être l'interlocuteur des familles, de la com­mune et de leur hiérarchie...

Selon l'enquête du SE-Unsa, le prin­ci­pal poids qui pèse sur les direc­teurs est donc l'ampleur de leurs tâches admi­nis­tra­tives. Les répon­dants sont ainsi 94% à trou­ver « assez lourd » ou « très lourd » le trai­te­ment des demandes et enquêtes de l'administration, et 92% trouvent aussi dif­fi­cile d'avoir à la fois la charge d'une classe et de la direc­tion d'école.

Aucune décharge si l'école compte moins de 4 classes

Les direc­teurs, qui sont avant tout des ensei­gnants, manquent de temps pour effec­tuer ce tra­vail admi­nis­tra­tif : ils n'ont droit à une décharge com­plète qu'à par­tir de 14 classes à gérer, à une demi-décharge si l'école compte 10 à 13 classes, une seule jour­née par semaine pour 4 à 9 classes, et aucune décharge si l'école compte 3 classes ou moins.

Ils sont aussi de moins en moins secon­dés : « Nous esti­mons qu'aujourd'hui, à peine 10 à 20% des écoles béné­fi­cient d'une aide admi­nis­tra­tive, alors qu'elles étaient près de 60% il y a quelques années », déplore Christian Chevalier. « On ne peut pas, comme le fait Vincent Peillon, dire "la prio­rité va à l'école pri­maire", si le lea­der péda­go­gique qu'est le direc­teur d'école est assommé par ses tâches », souligne-t-il.

Les son­dés, s'ils sont près de 98% à trou­ver « un peu » ou « beau­coup » inté­res­sante la direc­tion d'école, sont autant à la juger « épui­sante » et « stres­sante ». Le SE-Unsa estime que ces don­nées vont per­mettre de sai­sir les CHSCT sur ce sujet. Contrairement aux CHS qu'ils ont rem­pla­cés depuis 2011 dans l'Education natio­nale, les CHSCT ont « un pou­voir de contrainte », ils peuvent « obli­ger l'employeur à se confron­ter à ses res­pon­sa­bi­li­tés », notam­ment en sol­li­ci­tant des experts et en met­tant en place des indi­ca­teurs pré­cis sur les condi­tions de travail.

Le SE-Unsa espère ainsi obte­nir du minis­tère des réponses « rapides et concrètes » sur les ques­tions du sta­tut, de la défi­ni­tion pré­cise des mis­sions, de la for­ma­tion conti­nue, de l'aide admi­nis­tra­tive et de la reva­lo­ri­sa­tion sala­riale des direc­teurs d'écoles.