Le SNUipp a fait mener, à l’institut CSA, comme à chaque rentrée, un sondage sur l’opinion des Français sur l’école maternelle et élémentaire.
Cette étude, menée en août 2010, montre une bascule sur le regard des français sur l’action du gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire : Seulement 28% des Français ont le sentiment que les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire vont plutôt dans le bon sens (- 12 points en deux ans), contre 44% qui ont le sentiment qu’elles vont plutôt dans le mauvais sens.
Dans le détail, s’agissant de la réforme de l’école primaire, 55% des enquêtés estiment que le gouvernement va plutôt dans le mauvais sens pour réduire l’échec scolaire (+ 10 points par rapport à 2009), et 56% qu’il va plutôt dans le mauvais sens concernant la valorisation du métier d’enseignant (+ 8).
80% des Français considèrent que le non-remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite est une mauvaise chose et 75% des personnes interrogées jugent, à ce sujet, que la réduction du nombre de postes d’enseignants aura un effet plutôt négatif sur la réussite scolaire des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires.
On vient d’apprendre que l’enseignement primaire est saigné à blanc dans les annonces de postes faites pour 2011 : moins de la moitié des recrutements par rapport à 2010 : 2 916 postes de professeurs des écoles sont proposés contre 6 577 l’année dernière (1). À titre d’exemple, l’académie de Versailles qui est l’une de celles où il y a le plus d’élèves, passe de 750 postes à 480 (2) ! C’est dramatique pour les jeunes qui envisagent de passer ce concours. Mais c’est aussi terrible pour les enfants et les familles. Car la natalité se maintient et augmente, même par rapport au baby-boom de l’an 2000 (796 000 nouveaux nés en 2008 contre 774 800 en 2000 – chiffres Insee). Et environ 11 000 professeurs des écoles partiront en retraite en septembre 2011. Qui va enseigner à ces élèves ?
La tactique, pour le gouvernement est double. D’ici à un an ou deux, au nom de l’autonomie des établissements, l’État veut obliger à des recrutements locaux d’enseignants vacataires (pour les établissements qui le pourront selon les dons du privé, des familles et des collectivités locales). Cette application de la conception européenne des services rendus aux publics dans un fonctionnement marchand est une trahison envers l’école de la République, un gâchis face aux besoins d’une nouvelle étape de démocratisation scolaire. À court terme, le gouvernement veut fermer les classes de toute petite, petite et moyenne section de maternelle pour récupérer les postes en élémentaire et y maintenir un nombre d’enseignants tolérable face aux élèves. C’est déjà ce qui s’était passé depuis le baby-boom de l’an 2000, où ce sont les élèves de deux ans, puis trois ans (et même des quatre ans dans les zones à plus faible densité) qui n’ont plus été accueillis.
C’est dramatique car aucune structure ne peut mieux que l’école maternelle permettre le développement de l’enfant par le biais du savoir, lui faire acquérir ce qui est indispensable à l’entrée au CP (savoir découper, tenir un stylo, classer des éléments par critères, reconnaître des sons, identifier les étapes d’une histoire…). La scolarité obligatoire dès l’âge de trois ans (et la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent) est nécessaire pour avancer vers l’égalité de réussite scolaire, pour préparer chacun à une scolarité longue, indispensable dans un monde où les savoirs seront plus complexes. Créons des collectifs de lutte, école par école, pour obtenir l’ouverture des classes nécessaires à cette scolarisation.
Avant deux ans, les naissances se poursuivant, l’exigence grandit de création d’un service public de la petite enfance pour à la fois harmoniser les structures existantes et déployer les capacités d’accueil sur tout le territoire national. Ces structures sont un atout pour le développement de l’enfant. Elles le sont aussi pour libérer les couples, et en particulier les jeunes mères dans leur vie sociale et professionnelle.
L’augmentation des effectifs montre un défi : répondons-y non par le marché, mais par le service public d’éducation, comme un enjeu de civilisation !
Quel rapport qualité / prix pour l’école gratuite ?
Posté par Marlène Schiappa le 4 septembre 2009 à 8 h 38 min
Montessori, écoles bilingues, maîtrises, écoles religieuses… la rentrée fait la part belle à l’enseignement privé ou « alternatif ». Mais que reste-t-il à l’école publique?
Depuis les lois Ferry de 1881 et 1882, l’école primaire est gratuite, laïque et obligatoire pour les garçons et filles de 6 à 13 ans. Mais face à l’offre pléthorique d’éducation payante ou alternative, vaut-elle encore quelque chose ? Stéphanie François est présidente de l’association des parents d’élèves de son village de la Loire depuis 2 ans. Satisfaite « à 200% » de son choix de mettre ses enfants à l’école publique, ancienne parisienne, elle avoue pourtant être privilégiée : « C’est une petite école familiale, le matériel est fourni, les enseignants sont proches des parents et très impliqués, et la mixité sociale est garantie. » Elle confesse « si j’étais restée en région parisienne, j’aurais sûrement opté pour une école privée. Mon mari était policier et je n’ai pas envie que mes enfants se fassent agresser à l’école, comme ça a été le cas pour des collègues à lui. » L’école publique gratuite, oui, mais pas n’importe laquelle.
Toutes les écoles ne se valent d’ailleurs pas, au sein d’une même région. Entre les maternelles flambant neuves avec mini-toilettes, quatuor à cordes pour Noël et classe de 22 élèves dans les quartiers huppés; et celles des villes plus pauvres où les enfants font la sieste à même le sol sur un petit tapis par manque de budget (« 35 élèves, 30 lits seulement et pas les moyens d’investir au niveau de la commune» confie une ADSEM horrifiée) c’est la loterie. Ce qui enjoint certains parents à se tourner vers les écoles payantes, privées ou alternatives.
35 élèves pour 30 lits dans le public
David, parent de trois enfants scolarisés dans les Yvelines, s’est penché un temps sur les écoles privées bilingues à 500 € par mois en moyenne. « Mais il n’y a que quelques heures d’enseignement d’anglais ! J’ai vite compris que le prix prohibitif était en fait destiné à exclure les personnes aux revenus moyens ou faibles. Ou comment, dès l’enfance, l’élite financière ne se mélange pas avec la plèbe. » Il a donc inscrit ses enfants à l’école dite communale et en a profité pour leur offrir une heure d’Anglais chacun par semaine. « A 15 € de l’heure, soit environ 2250 € à l’année, j’économise encore : l’école bilingue pour trois enfants, ça faisait 15 000 € par an ! A peine moins que le salaire net de mon épouse. » ironise le père de famille, qui espère ainsi que ses enfants auront le niveau requis pour entrer dans un collège prestigieux.
Comme lui, Irène s’est posé la question pendant la dernière année de nourrice de sa fille avant de trouver une réponse : Montessori. Cette école privée laïque sous contrat, présentée comme bilingue et libertaire, est directement inspirée des théories de Maria Montessori, inventrice de l’école maternelle. En plus de l’enseignement « classique » (mais « en s’amusant et en respectant le rythme et les dons naturels de chaque enfant», précise-t-on sur les brochures de présentation) plusieurs activités extra-scolaires sont proposées.
Montessori : yoga pour les 3-6 ans à 550 €
Ainsi, dans une de ces écoles Montessori du centre de Paris, vous pouvez inscrire en sus votre enfant de 3 ans au yoga pour la modique somme de 500 € + 50 € de frais d’inscription. Consciente que ce tarif est exorbitant pour un quidam, de surcroit pour une famille nombreuse, Irène pense avoir trouvé une solution : « Il suffirait d’augmenter les subventions octroyées aux écoles privées et tout le monde pourrait y mettre son enfant ! » En effet, l’article 89 de la réforme du 13 aout 2004 sur le mode de financement des écoles privées parle d’ « inégalité entre les écoles privées et les écoles publiques » (en clair, les écoles privées seraient lésées par rapport aux écoles publiques puisque ces-dernières profiteraient de plus larges subventions) pour justifier l’octroi de financements publics aux écoles privées laïques, mais aussi religieuses. « Et bien que cela soit contraire à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, puisque celle-ci précise que ‘’La République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte ‘’ » bondit Justine.
Cette professeur des écoles doit garder l’anonymat en raison du « droit de réserve » propre aux fonctionnaires (leur interdisant toute critique publique) mais elle analyse : « La théorie Montessori est bien belle, mais le but de l’école est de donner un cadre à l’enfant ! Si Théo veut faire du dessin à 10 heures 30, il ne fera pas de dessin à 10 heures 30, il en fera à 15 heures comme toute la classe. L’école apprend la vie, et dans la vie, vous ne pouvez pas lâcher votre bureau pour aller faire du chant choral quand l’envie vous prend ! Alors si des parents veulent éduquer leurs enfants comme ça, libre à eux, mais pas en se servant dans la maigre tirelire de l’école publique ! »
Pour elle, si on consacrait le budget alloué aux écoles privées aux écoles publiques, chacun pourrait être scolarisé dans les meilleures conditions. En effet, ce sont plus de 300 millions d’Euros de fonds publics qui sont ainsi utilisés pour financer l’enseignement privé. Pour Justine, « au détriment des familles qui ne peuvent y scolariser leurs enfants pour des raisons financières ou tout simplement par conviction. »
16 000 postes d’enseignants supprimés en 2010 (et un nombre d’élèves pas classe “préoccupant”)
Dans une pétition lancée conjointement par de multiples organisations d’enseignants, de parents, de citoyens, (DDEN, FCPE, FO Union Départementale, FO Enseignement, FSU SNUIPP, Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, SDEN CGT, SGEN CFDT, UNSA…) relayée sur le blog du Cercle Pierre Mendès France de l’agglomération de Troyes, il est demandé l’arrêt pur et simple de ce mode de financement, arguant que « la commune n’a pas à financer le choix de certains parents de ne pas scolariser leurs enfants à l’école publique ».
Enfin, Irène, qui vit dans le 7ème arrondissement de Paris, l’affirme : si les classes des écoles maternelles étaient moins surchargées, elle n’aurait même pas envisagé de se tourner vers une éducation payante. Comme elle, 39% des parents jugent le nombre d’élèves par classe « préoccupant » depuis 2005, d’après un sondage TNS Sofres. Ils vont devoir prendre leur mal en patience : Xavier Darcos annonçait en juin dernier à La Tribune que plus de 16 000 postes seraient supprimés dans l’éducation nationale sur l’année 2010.
Dès aujourd'hui,votre site passe en mode "estival", donc allégé jusqu'à fin août.
C'est l'occasion pour vous, lecteur, de vous replonger dans les thèmes qui sont chers à l'association, à savoir la défense de l'Ecole Publique et des valeurs qu'elle inspire, au travers des nombreuses pages que ce site contient, avec l'aide de nombreux blogs nationaux et de collectifs toujours actifs, que je tiens à remercier aujourd'hui.
Afin d'inspirer notre combat qui reprendra dès la rentrée, j'ai tenu à rajouter un dernier article, spécialement dédié à tous les enseignants qui nous accompagnent depuis le début de l'aventure ADEP; c'est ICI .
Enfin, n'oubliez pas que l'ADEP, c'est aussi des conférences et des ateliers débats, dont le prochain se situera en octobre, avec un thème d'actualité: les réseaux sociaux, les écrans et nos enfants, en partenariat avec la MJC de La Roche sur Foron.
Stage de prise en main et de gestion de votre première classe du 23 au 27 Août 2010
Vous allez réussir le concours de juin 2010 et, dès le 1 septembre 2010, vous allez vous retrouver devant une classe sans avoir été préparé techniquement à faire ce métier. Or, prendre une classe en main sans formation est difficile, voire risqué. Réussir sa première quinzaine de classe est indispensable pour réussir son année.
Le Centre National ForproF va vous aider à réussir cette première prise de fonction. Pour cela nous allons organiser, pour vous, les Lauréats du concours de juin, un stage d'été.
Ce stage aura lieu dans toutes les grandes métropoles régionales avec, comme objectifs :
- Acquérir les savoirs et gestes professionnels du Professeur des Ecoles lors de sa prise de fonction (comment gérer les premiers jours ? comment organiser et conduire la première réunion avec les parents ? Les premières séances d'apprentissage, comment les organiser ? Comment s'imposer ? Quelle attitude avoir devant telle ou telle difficulté ?) - Construire avec les conseils d'un ForproFesseur votre programmation du premier trimestre. - Construire les premières séances d'apprentissage pour les 3 premières semaines de la rentrée.
Stage d'accompagnement et de perfectionnement pédagogique (pendant les vacances de Toussaint, d'hiver et de pâques).
Vous êtes, dans vos trois premières années de classe. La pratique au quotidien vous fait mesurer la difficulté de ce métier. Des stages de 5 jours seront organisés à chaque vacance scolaire pour permettre d'améliorer votre quotidien d'enseignant.
Ref.: Stages ForproF - Bien vivre sa classe - Vacances de Toussaint ou d'Hiver ou de Pâques ou d'Eté (nous consulter)
Il y a tout juste un an, Bastien Cazals, un jeune directeur d’école maternelle de l’Hérault, alarmé par ce qu’il considère comme la mise à mort de l’école publique, adresse une lettre au Président de la République. Sa lettre restera sans réponse, ce qui le pousse à rejoindre les rangs de ses collègues « désobéisseurs. »
Dans un opuscule d’une toute nouvelle collection, Ceux qui marchent contre le vent [1], il retrace aujourd’hui son parcours, de son entrée dans l’Education nationale en septembre 2002 à son refus, fin 2008, d’appliquer des décisions jugées iniques. Ingénieur de formation, il a d’abord fait une brève incursion dans le monde de l’entreprise, vite convaincu que là n’était pas sa place et qu’il lui fallait aller où son goût et ses idéaux le poussaient : l’enseignement ! Il entre donc en éducation avec la foi laïque de ceux qui croient à la vocation républicaine de l’école publique mais il ne tarde pas à être alerté par « une avalanche de réformes dévastatrices ». L’appel des Résistants aux jeunes générations, lancé en mars 2004, est pour lui une révélation. « Par leur appel, écrit-il, ces Résistants s’adressaient directement à moi, pour me rappeler mon héritage. J’ai alors pris conscience qu’il était de mon devoir de défendre les valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la solidarité et la laïcité. » Il tiendra sa promesse, devenant le témoin attentif, critique et indigné des réformes qui, en quelques années, vont saper les fondements mêmes de l’édifice. En une vingtaine de pages, il dresse le catalogue des coups portés, éclaire telle disposition, analyse telle loi, s’insurge et clame son refus de participer à cette « véritable entreprise de déconstruction de l’école publique ». Amer, il constate : « Je vois entrer à l’école, sous couvert de modernisation, les principes économiques et les outils de management qui régissent le monde professionnel que j’ai voulu quitter, écœuré par l’idée que les vies humaines comptent moins que les enjeux financiers. Parti de l’entreprise pour aller vers l’école, je suis en train de vivre la mutation de l’école en entreprise ! »
La formation des enseignants : un investissement pour l'avenir !
Améliorer la formation professionnelle, disciplinaire et pédagogique des enseignants est déterminant pour faire réussir tous les élèves. Or, la réforme imposée par le gouvernement va la sacrifier ! Le service public d’éducation sera durablement affaibli.
Les universités, les associations de parents d'élèves, d'enseignants et d’étudiants sont unanimes pour demander l'abandon de cette réforme-là.
Avec eux, nous souhaitons l'ouverture d'une réelle négociation pour concevoir une formation professionnelle universitaire de qualité, permettant de recruter les enseignants fonctionnaires dont l'Education Nationale a besoin.
Nous, citoyens, parents, étudiants, enseignants, élus... ensemble nous voulons que le gouvernement considère la formation des enseignants non comme un fardeau pour le budget de la nation mais comme un investissement pour l'avenir !
C'est pourquoi, nous lui demandons d'entendre nos voix : abandonnez cette réforme ; ouvrez des négociations !
La réussite de tous est au cœur de nos préoccupations. Nous savons combien réussir à l’école est décisif pour l’avenir de chaque enfant.
Le budget 2010 prévoit à la rentrée prochaine la suppression de 16000 postes d’enseignants qui s’ajoute aux 13500 suppressions de 2009, aux 11200 de 2008.
Alors que 5700 élèves supplémentaires sont attendus dans les écoles, le ministère poursuit sa logique de suppressions de postes d’enseignants.
Et ce, alors même que les effectifs par classe de notre pays sont déjà largement supérieurs à ceux de la majorité des pays européens.
Qui peut croire qu’avec moins d’enseignants, moins d’heures de classe chaque semaine, des programmes plus lourds, la fragilisation des dispositifs d’aides spécialisés pour les élèves en difficulté, les élèves pourraient mieux réussir à l’école ?
Aujourd’hui, la réforme de la formation des enseignants va nuire à la qualité de l’enseignement offert à vos enfants.
Ces mesures tournent le dos à une école de la réussite pour tous. Elles constituent une remise en cause des valeurs fondatrices de l’Ecole Publique.
Nous nous sommes mobilisés durant l’année dernière, notamment avec les parents d’élèves, pour exprimer notre désaveu de cette politique. Le ministre reste sourd à nos demandes.
C’est la raison pour laquelle nous serons en grève le jeudi 21 janvier 2010.
Nous exigeons un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs, la remise en place des réseaux d’aide (RASED), la reconnaissance du rôle essentiel de l’école maternelle, une prise en charge des élèves handicapés digne de ce nom.
Nous exigeons respect et dignitépour l’Ecole publique, les élèves et les enseignants !
Nous comptons sur votre compréhension et vitre soutien pour défendre et construire ensemble l’école dont nos élèves ont besoin.
Cordialement,
Les enseignants de l’école Chamboux, La roche sur Foron, le 14.01.10.
Communiqué intersyndical sur la réforme de la formation des enseignants
Enseigner est un métier qui s’apprend !
Nous refusons la réforme actuelle de la formation des enseignants et exigeons d’autres choix !
Les conditions de formation et les modalités de recrutement des enseignants actuellement en débat engagent l’avenir de notre système éducatif dans un contexte de renouvellement important de la profession. Cette réforme intéresse la société dans son ensemble : quels sont les besoins de notre système éducatif, quelles sont les conditions d’exercice de métiers essentiels pour l’avenir du pays mais aujourd’hui trop peu valorisés, quelles sont les besoins des élèves et des jeunes, quelle sera la formation pédagogique de ceux qui auront la responsabilité de former des millions de jeunes demain?
Enseignants, étudiants, parents, élèves : nous sommes tous concernés !
Pourtant, malgré l’importance de ce dossier qui constitue un véritable choix de société, le gouvernement a fait le choix d’une réforme controversée et du passage en force. Au lieu de profiter du report d’un an de l’application complète de la réforme obtenu par la mobilisation de l’an dernier pour mettre en place une réelle concertation destinée à l’élaboration d’une réforme partagée, Luc Châtel et Valérie Pécresse ont rendu leurs derniers arbitrages contre l’avis de tous les acteurs concernés
(étudiants, lycéens, parents, enseignants, enseignants-chercheurs, IUFM, universités...). Nous dénonçons l’absence de réelle concertation et le mépris du dialogue social dont font preuve les ministres.
Nos organisations jugent inacceptables en l’état les orientations présentées le 13 novembre dernier qui confirment la mise en place d’une réforme régressive pour la formation des futurs enseignants et bouleverse l’organisation de l’offre de master dans les universités. Ces orientations vont à l’encontre d’une démocratisation de l’accès aux métiers de l’enseignement et s’opposent à l’amélioration de la qualité de la formation : - la formation professionnelle des futurs enseignants est réduite à portion congrue alors qu’elle nécessiterait d’être renforcée afin de préparer les futurs enseignants à la diversité des missions qui leur sont confiées. Des lauréats au concours peuvent se retrouver devant des élèves sans avoir bénéficié de stages ni de formation professionnelle.
- l’articulation proposée entre concours et masters va non seulement rendre ingérable l’année de master 2 pour les étudiants (qui devront mener de front préparation des épreuves, mémoires de recherche, validation du master et éventuellement stage en responsabilité), mais elle s’oppose également à l’élévation du niveau de qualification en rendant impossible toute formation professionnelle et disciplinaire pendant l’année de M2
- les IUFM sont cantonnés à l’éventuel encadrement des stages alors qu’ils constituent une composante essentielle de l’université au rôle, à l’expertise et aux compétences avérées, sur la formation initiale et continue des enseignants - aucun dispositif ambitieux d’accompagnement financier des étudiants n’est mis en place pour compenser l’allongement de la durée des études et le décalage du concours, écartant ainsi de nombreux étudiants issus des catégories sociales les moins favorisées de ces métiers.
Les organisations signataires exigent la remise à plat de la réforme impliquant le retrait des décrets concernant la formation des enseignants et des textes d’application déjà publiés et l’ouverture indispensable de réelles négociations. Elles revendiquent la mise en place d’une réforme de la formation des enseignants qui réponde aux besoins du système éducatif et permette une véritable formation professionnelle des futurs enseignants. En conséquence, elles demandent :
- une réelle amélioration de la formation de tous les enseignants et la reconnaissance de celle-ci par l’obtention d’un master - de revenir sur la place des épreuves d’admissibilité au cours du cursus actuellement prévue par la réforme afin de garantir une place des futurs concours compatible avec la conception de masters de qualité intégrant les dimensions disciplinaires et professionnelles nécessaires à l’exercice du métier et permettant la réussite des étudiants et une réelle réorientation de ceux ayant échoués aux concours.
- une évolution du contenu des épreuves des concours fixées nationalement en concertation avec les organisations représentatives permettant d’évaluer les futurs enseignants sur l’ensemble de leurs compétences disciplinaires et professionnelles indispensables à leur métier ;
- un recrutement des futurs enseignants au même niveau pour tous les concours (PE, CPE, PLP, CAPET, CAPES, CAPEPS) ;
- un cadrage national des masters dits « intégrés » garantissant l’articulation entre une professionnalisation progressive et la formation disciplinaire, assortie d’une carte nationale des formations garantissant l’égal accès de tous sur le territoire à la préparation des concours.
L’acquisition des compétences professionnelles doit progressivement se renforcer avec l’avancée dans le cursus universitaire.
- une année de fonctionnaire stagiaire post-concours qui comporte au moins un mi-temps pour la poursuite de la formation professionnelle.
- des garanties réelles sur le rôle, les fonctions et les moyens humains et financiers des IUFM dans la formation initiale et continue des futurs enseignants au sein des universités.
- la mise en place de dispositifs d’accompagnement financier renforcés et pérennes pour les étudiants afin de garantir la mixité sociale du recrutement des futurs enseignants.
- des modalités adaptées pour les candidats des PLP des disciplines professionnelles et les non titulaires (VAE, cycle préparatoire...)
Face à une situation qui semble aujourd’hui bloquée et à des arbitrages présentés comme définitifs, nous affirmons notre détermination à imposer par l’action des choix que le gouvernement nous refuse depuis 18 mois. Nous demandons que l’année scolaire en cours ne soit pas à nouveau gâchée par des bricolages successifs mais permette l’ouverture de réelles négociations. Si de profondes inflexions ne sont pas rapidement apportées au projet de réforme, le gouvernement prépare les conditions d'une situation explosive dans les universités et les établissements scolaires lors de la mise en œuvre de la réforme à la rentrée 2010.
Parce qu’enseigner est un métier qui s’apprend, les organisations signataires appellent à une journée nationale de mobilisation mardi 15 décembre dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur (notamment dans les IUFM) pouvant se traduire par des initiatives de grèves, des rassemblements, des assemblées générales de débat, des manifestations, afin de dénoncer le projet régressif du gouvernement pour la formation des enseignants et d’exiger une réforme répondant aux besoins du système éducatif, permettant une vraie formation professionnelle et garantissant une réelle élévation de la formation des futurs enseignants conforme aux attentes de la société.