- Le 05/09/2010 à 14:57
Ecole : silence, on privatise...
| 03.09.10
Caroline Fourest (Sans détour)
Suppression de 16 000 postes d'enseignants, classes plus chargées, classes maternelles amputées, suppression progressive des réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased), accélération des logiques de ghettos avec la fin de la carte scolaire, suppression des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), loi Carle sur le financement de l'enseignement privé par les municipalités... La liste est longue et bien connue.Mais sa cohérence a-t-elle été suffisamment analysée ? A qui profite le crime ? Il ne s'agit pas seulement de faire des économies, mais d'un programme idéologique : faciliter l'évasion scolaire en direction du privé.
Il existe aujourd'hui 8 200 établissements catholiques sous contrat (soit 1 961 037 élèves), auxquels il faut ajouter 256 établissements juifs (38 000), huit protestants (2 760), 82 établissements bretons catholiques (4 241), 44 écoles bretonnes Diwan (3 076), 26 écoles basques (2 508), 50 occitanes (1 627) et huit catalanes (6 000). La France est divisée, moins citoyenne, mais ce n'est rien au regard de ce qu'on lui prépare.
L'Etat n'a plus d'argent pour l'école publique, mais en trouve pour financer l'ouverture de classes catholiques en banlieue. Xavier Darcos, ancien ministre de l'éducation nationale, a même promis 10 millions d'euros à l'école privée pour l'aider à payer ses formations (qu'il a supprimées dans le public !). Une facture que Luc Chatel hésite tout de même à régler. Peu importe. Le mécénat continuera par d'autres moyens : les niches fiscales.
Deux fondations consacrées à financer les écoles privées, surtout les plus religieuses, se sont vu reconnaître le statut d'"utilité publique" : la Fondation Saint-Matthieu et la Fondation pour l'école. Cette dernière est issue de "Créer son école", qui s'inspire d'un autre réseau : les Créateurs d'écoles.
Le livre d'Eddy Khaldi (que nous avons reçu l'année dernière à l'ADEP) et Muriel Fitoussi, Main basse sur l'école publique (Démopolis), nous éclaire sur la généalogie de ce mouvement : un mélange de hauts fonctionnaires, voire de futurs ministres (comme Xavier Darcos) et de têtes pensantes issues du Club de l'Horloge (Nouvelle Droite) ou de l'intégrisme catholique ("opusiens" et traditionalistes), bien décidés à animer ensemble un lobby en faveur du "pluralisme scolaire".
Le site "Créer son école" vous apprend à créer une "école indépendante". Et la Fondation pour l'école se charge du reste, c'est-à-dire des financements... Elle a obtenu le statut d'utilité publique en un temps record. Un an à peine après sa création, François Fillon signait le décret ! Désormais, 60 % à 75 % des dons qu'elle reçoit sont déductibles des impôts et donc investis dans les écoles hors contrats de son choix. Une liste de partenaires qu'Anne Coffinier, sa fondatrice, ne tient pas à rendre publique, mais qui compte de nombreux établissements catholiques intégristes. Comme l'école de la Sainte-Famille à Dijon, tenue par la Fraternité Saint-Pie-X.
L'inspection d'académie y a relevé des pratiques d'endoctrinement et d'humiliation (bonnet d'âne et Scotch sur la bouche) d'un autre âge. Sans que leurs rapports ne soient vraiment suivis d'effets. Ce qui n'est pas sans rappeler le climat d'impunité qui régnait à l'école bordelaise Saint-Projet, jusqu'à ce que les caméras des "Infiltrés", magazine de France 2, dévoilent le goût de ses élèves pour le racisme, et celui de ses profs pour Pétain. La fondatrice de la Fondation pour l'école ne cache pas qu'elle pourrait financer cette école si elle le demandait...
Il existe bien d'autres écoles, particulières ou communautaires, qui attendent de fleurir grâce aux niches fiscales saignant les déficits publics en plus des 7 milliards que l'Etat verse directement aux écoles privées au titre de la loi Debré. En l'occurrence, dix établissements musulmans, un établissement sikh, et 30 établissements protestants évangélistes auxquels s'ajoutent les 600 établissements (25 000 élèves) du mouvement "Créer son école"... C'est dire si les niches fiscales ne font pas que creuser la dette. Elles creusent aussi la tombe de l'esprit républicain.
Caroline Fourest (Sans détour)
- Le 02/09/2010 à 21:03
CE QUE LES FRANCAIS PENSENT DE L'ECOLE
Le SNUipp a fait mener, à l’institut CSA, comme à chaque rentrée, un sondage sur l’opinion des Français sur l’école maternelle et élémentaire.
Cette étude, menée en août 2010, montre une bascule sur le regard des français sur l’action du gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire : Seulement 28% des Français ont le sentiment que les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire vont plutôt dans le bon sens (- 12 points en deux ans), contre 44% qui ont le sentiment qu’elles vont plutôt dans le mauvais sens.
Dans le détail, s’agissant de la réforme de l’école primaire, 55% des enquêtés estiment que le gouvernement va plutôt dans le mauvais sens pour réduire l’échec scolaire (+ 10 points par rapport à 2009), et 56% qu’il va plutôt dans le mauvais sens concernant la valorisation du métier d’enseignant (+ 8).
80% des Français considèrent que le non-remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite est une mauvaise chose et 75% des personnes interrogées jugent, à ce sujet, que la réduction du nombre de postes d’enseignants aura un effet plutôt négatif sur la réussite scolaire des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires.
Téléchargez le sondage
Sondage SNUipp/CSA opinion des Français
- Le 02/08/2010 à 14:37
Quel rapport qualité / prix pour l’école gratuite ?
Posté par Marlène Schiappa
le 4 septembre 2009 à 8 h 38 min
Montessori, écoles bilingues, maîtrises, écoles religieuses… la rentrée fait la part belle à l’enseignement privé ou « alternatif ». Mais que reste-t-il à l’école publique?
Depuis les lois Ferry de 1881 et 1882, l’école primaire est gratuite, laïque et obligatoire pour les garçons et filles de 6 à 13 ans. Mais face à l’offre pléthorique d’éducation payante ou alternative, vaut-elle encore quelque chose ?
Stéphanie François est présidente de l’association des parents d’élèves de son village de la Loire depuis 2 ans. Satisfaite « à 200% » de son choix de mettre ses enfants à l’école publique, ancienne parisienne, elle avoue pourtant être privilégiée : « C’est une petite école familiale, le matériel est fourni, les enseignants sont proches des parents et très impliqués, et la mixité sociale est garantie. » Elle confesse « si j’étais restée en région parisienne, j’aurais sûrement opté pour une école privée. Mon mari était policier et je n’ai pas envie que mes enfants se fassent agresser à l’école, comme ça a été le cas pour des collègues à lui. » L’école publique gratuite, oui, mais pas n’importe laquelle.
Toutes les écoles ne se valent d’ailleurs pas, au sein d’une même région. Entre les maternelles flambant neuves avec mini-toilettes, quatuor à cordes pour Noël et classe de 22 élèves dans les quartiers huppés; et celles des villes plus pauvres où les enfants font la sieste à même le sol sur un petit tapis par manque de budget (« 35 élèves, 30 lits seulement et pas les moyens d’investir au niveau de la commune» confie une ADSEM horrifiée) c’est la loterie. Ce qui enjoint certains parents à se tourner vers les écoles payantes, privées ou alternatives.
35 élèves pour 30 lits dans le public
David, parent de trois enfants scolarisés dans les Yvelines, s’est penché un temps sur les écoles privées bilingues à 500 € par mois en moyenne. « Mais il n’y a que quelques heures d’enseignement d’anglais ! J’ai vite compris que le prix prohibitif était en fait destiné à exclure les personnes aux revenus moyens ou faibles. Ou comment, dès l’enfance, l’élite financière ne se mélange pas avec la plèbe. » Il a donc inscrit ses enfants à l’école dite communale et en a profité pour leur offrir une heure d’Anglais chacun par semaine. « A 15 € de l’heure, soit environ 2250 € à l’année, j’économise encore : l’école bilingue pour trois enfants, ça faisait 15 000 € par an ! A peine moins que le salaire net de mon épouse. » ironise le père de famille, qui espère ainsi que ses enfants auront le niveau requis pour entrer dans un collège prestigieux.
Comme lui, Irène s’est posé la question pendant la dernière année de nourrice de sa fille avant de trouver une réponse : Montessori. Cette école privée laïque sous contrat, présentée comme bilingue et libertaire, est directement inspirée des théories de Maria Montessori, inventrice de l’école maternelle. En plus de l’enseignement « classique » (mais « en s’amusant et en respectant le rythme et les dons naturels de chaque enfant», précise-t-on sur les brochures de présentation) plusieurs activités extra-scolaires sont proposées.
Montessori : yoga pour les 3-6 ans à 550 €
Ainsi, dans une de ces écoles Montessori du centre de Paris, vous pouvez inscrire en sus votre enfant de 3 ans au yoga pour la modique somme de 500 € + 50 € de frais d’inscription. Consciente que ce tarif est exorbitant pour un quidam, de surcroit pour une famille nombreuse, Irène pense avoir trouvé une solution : « Il suffirait d’augmenter les subventions octroyées aux écoles privées et tout le monde pourrait y mettre son enfant ! »
En effet, l’article 89 de la réforme du 13 aout 2004 sur le mode de financement des écoles privées parle d’ « inégalité entre les écoles privées et les écoles publiques » (en clair, les écoles privées seraient lésées par rapport aux écoles publiques puisque ces-dernières profiteraient de plus larges subventions) pour justifier l’octroi de financements publics aux écoles privées laïques, mais aussi religieuses. « Et bien que cela soit contraire à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, puisque celle-ci précise que ‘’La République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte ‘’ » bondit Justine.
Cette professeur des écoles doit garder l’anonymat en raison du « droit de réserve » propre aux fonctionnaires (leur interdisant toute critique publique) mais elle analyse : « La théorie Montessori est bien belle, mais le but de l’école est de donner un cadre à l’enfant ! Si Théo veut faire du dessin à 10 heures 30, il ne fera pas de dessin à 10 heures 30, il en fera à 15 heures comme toute la classe. L’école apprend la vie, et dans la vie, vous ne pouvez pas lâcher votre bureau pour aller faire du chant choral quand l’envie vous prend ! Alors si des parents veulent éduquer leurs enfants comme ça, libre à eux, mais pas en se servant dans la maigre tirelire de l’école publique ! »
Pour elle, si on consacrait le budget alloué aux écoles privées aux écoles publiques, chacun pourrait être scolarisé dans les meilleures conditions. En effet, ce sont plus de 300 millions d’Euros de fonds publics qui sont ainsi utilisés pour financer l’enseignement privé. Pour Justine, « au détriment des familles qui ne peuvent y scolariser leurs enfants pour des raisons financières ou tout simplement par conviction. »
16 000 postes d’enseignants supprimés en 2010 (et un nombre d’élèves pas classe “préoccupant”)
Dans une pétition lancée conjointement par de multiples organisations d’enseignants, de parents, de citoyens, (DDEN, FCPE, FO Union Départementale, FO Enseignement, FSU SNUIPP, Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, SDEN CGT, SGEN CFDT, UNSA…) relayée sur le blog du Cercle Pierre Mendès France de l’agglomération de Troyes, il est demandé l’arrêt pur et simple de ce mode de financement, arguant que « la commune n’a pas à financer le choix de certains parents de ne pas scolariser leurs enfants à l’école publique ».
Enfin, Irène, qui vit dans le 7ème arrondissement de Paris, l’affirme : si les classes des écoles maternelles étaient moins surchargées, elle n’aurait même pas envisagé de se tourner vers une éducation payante. Comme elle, 39% des parents jugent le nombre d’élèves par classe « préoccupant » depuis 2005, d’après un sondage TNS Sofres. Ils vont devoir prendre leur mal en patience : Xavier Darcos annonçait en juin dernier à La Tribune que plus de 16 000 postes seraient supprimés dans l’éducation nationale sur l’année 2010.
Marlène Schiappa
- Le 04/07/2010 à 21:58
Dès aujourd'hui,votre site passe en mode "estival", donc allégé jusqu'à fin août.
C'est l'occasion pour vous, lecteur, de vous replonger dans les thèmes qui sont chers à l'association, à savoir la défense de l'Ecole Publique et des valeurs qu'elle inspire, au travers des nombreuses pages que ce site contient, avec l'aide de nombreux blogs nationaux et de collectifs toujours actifs, que je tiens à remercier aujourd'hui.
Afin d'inspirer notre combat qui reprendra dès la rentrée, j'ai tenu à rajouter un dernier article, spécialement dédié à tous les enseignants qui nous accompagnent depuis le début de l'aventure ADEP; c'est ICI .
Enfin, n'oubliez pas que l'ADEP, c'est aussi des conférences et des ateliers débats, dont le prochain se situera en octobre, avec un thème d'actualité: les réseaux sociaux, les écrans et nos enfants, en partenariat avec la MJC de La Roche sur Foron.
Sandrine.
BONNES VACANCES A TOUS
- Le 08/06/2010 à 22:49
MARIGNIER
École maternelle : les parents d'élèves en colère
par La Rédaction du DL | le 08/06/10 à 20h02

Les parents d'élèves de l'école maternelle du Centre se sont réunis cet après-midi, devant l'établissement et ont déployé d'immenses banderoles, pour dire leur colère.
Le 4 juin dernier, la commission paritaire a en effet confirmé la possible suppression de l'une des cinq classes de l'établissement.
« 123 enfants sont déjà inscrits pour l'année scolaire 2010/2011, ce qui porte les effectifs à 31 enfants par classe », précisent les représentantes des parents d'élèves, Muriel Nesme et Aline Borrego.
Paru dans l'édition 74B du 09/06/2010 (2.2813849264) - Le 08/06/2010 à 21:30
"Plus la classe est nombreuse, plus elle est lourde à gérer"
By Julie Beckrich
Created 06/07/2010 - 18:42
Augmenter le nombre d'élèves dans le premier degré : une proposition qui fait l'unanimité contre elle. C'est le verdict des enseignants riverains de Rue89 auxquels nous avons proposé de réagir au projet qui, selon eux, a surtout pour but de réduire le nombre de postes d'enseignants. Revue de commentaires et d'arguments.
Des classes plus dissipées
Par expérience, les enseignants notent qu'il devient difficile, dans une classe à fort effectif, de créer une atmosphère de travail stimulante. Nelmezzodelcamin , prof de langues, témoigne :
« Du point de vue de la relation, plus le groupe est nombreux, plus il est lourd à gérer. Ce qui est épuisant c'est de devoir stimuler les élèves, pour qu'ils s'impliquent, participent, prennent la parole et canaliser en même temps. »
Une classe à fort effectif se dissipe plus facilement qu'une autre et peut créer des émulations négatives, selon Anterak13 :
« Plus le nombre d'élèves par classe est important, et plus les problèmes de comportement de certains enfants sont difficiles à gérer. »

La pédagogie individualisée à la trappe
Difficile de mettre en place des éléments de différenciation pédagogique quand les élèves sont nombreux. Pourtant, il apparaît indispensable de pouvoir solliciter les élèves personnellement et d'avoir des moments pour reformuler les consignes individuellement. J.N , qui exerce dans le secondaire, explique :
« Les élèves ne font pas tous les mêmes erreurs, et n'ont donc pas tous besoin des mêmes remédiations.
Il est important de pouvoir individualiser au maximum l'aide apportée dans la classe. »
Les enseignants ont insisté sur la complémentarité des aspects collectif et individuel du travail en classe : l'enseignement associe l'animation de la classe -en tant que groupe- et des moments d'attention accordés à l'élève dans sa spécificité. En augmentant la taille des classes, on risque de faire pâtir les deux aspects. Lally , professeur, précise :
« Plus l'enseignant peut être disponible pour aider chaque élève, plus la réussite générale de la classe est importante. […]
Et plus les enfants viennent d'un milieu familial en difficulté, plus cette notion de pédagogie individualisée est importante. »
Des élèves en difficulté laissés sur le bas-côté
La note du 4 mai remise par le ministère de l'Education nationale aux inspecteurs d'académie prévoit de réduire le nombre de postes du Réseau d'aide aux élèves en difficulté (RASED ).
Si les deux hypothèses -d'augmentation des effectifs et de réduction des postes RASED- étaient confirmées, les enseignants redoutent de voir les élèves souffrant de handicap scolaire « noyés » dans des classes, alors que leurs spécificités devraient pouvoir être prises en compte.
Bleuet1 , enseignante d'anglais dans le secondaire, s'interroge :
« Les statistiques montrent que chaque enseignant a dans sa classe au moins deux élèves souffrant de handicap scolaire (très souvent de la dyslexie, mais il n'y a pas que ça).
Ces handicaps réclament une prise en charge particulière, qui doit être rendue possible pour peu que le professeur soit formé pour ça, mais aussi qu'il en ait le temps !
Comment fait-on pour s'occuper des besoins très particuliers de manière adéquate si la classe est très nombreuse, et si en plus elle est bruyante ? »
Un espace saturé et des ressources pédagogiques limitées
Si l'effectif des classes est malléable, les murs d'une classe ne le sont pas. JN redoute « des classes pleines à craquer (surtout dans les établissements récents, où leurs dimensions sont calculées aux millimètres), où il est impossible d'isoler un élève. »
Partager l'espace et le matériel d'une classe peut devenir compliqué à mesure que l'effectif d'une classe est revu à la hausse. Pour Morse , professeur des écoles, « augmenter le nombre d'élèves revient à disposer de ressources pédagogiques limitées. »
Les cours de langue, un casse-tête
Dans certaines matières, notamment les langues vivantes, l'oral a une place privilégiée. C'est dans la pratique et la conversation qu'elles s'acquièrent.
Or, dans une classe de plus de vingt élèves, il est difficile de donner la parole à tous, expliquent les enseignants de langue, qui ont été nombreux à réagir.
Ermine , étudiante en sociologie, qui se destine à la profession d'enseignante, se rappelle ses cours d'anglais en terminale :
« 33 élèves issus des filières S, ES et L. Pas le même programme, pas la même épreuve au bac. Une prof devait donc préparer 33 élèves de trois filières différentes à trois examens différents et ayant des niveaux différents. »
Pour conclure, Morse souligne une contradiction du gouvernement. Dans sa note préparatoire aux inspecteurs d'académie, le ministère de l'Education avance :
« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n'a pas d'effet avéré sur les résultats des élèves […]. »
Pourtant en zone d'éducation prioritaire (ZEP ), les classes de maternelle et de primaire sont limitées dans le cadre de la discrimination positive.
« On limite le nombre d'élèves dans les classes de milieux sociaux défavorisés, c'est l'aveu même de l'influence du nombre d'élèves dans les classes sur la qualité de l'enseignement. »
- Le 07/06/2010 à 22:00
Je suis prof et je désobéis
Auteur(s): Bastien Cazals - éd. Indigènes, 2009 (20 p. ; 3 €)
Il y a tout juste un an, Bastien Cazals, un jeune directeur d’école maternelle de l’Hérault, alarmé par ce qu’il considère comme la mise à mort de l’école publique, adresse une lettre au Président de la République. Sa lettre restera sans réponse, ce qui le pousse à rejoindre les rangs de ses collègues « désobéisseurs. »
Dans un opuscule d’une toute nouvelle collection, Ceux qui marchent contre le vent [1], il retrace aujourd’hui son parcours, de son entrée dans l’Education nationale en septembre 2002 à son refus, fin 2008, d’appliquer des décisions jugées iniques. Ingénieur de formation, il a d’abord fait une brève incursion dans le monde de l’entreprise, vite convaincu que là n’était pas sa place et qu’il lui fallait aller où son goût et ses idéaux le poussaient : l’enseignement ! Il entre donc en éducation avec la foi laïque de ceux qui croient à la vocation républicaine de l’école publique mais il ne tarde pas à être alerté par « une avalanche de réformes dévastatrices ». L’appel des Résistants aux jeunes générations, lancé en mars 2004, est pour lui une révélation. « Par leur appel, écrit-il, ces Résistants s’adressaient directement à moi, pour me rappeler mon héritage. J’ai alors pris conscience qu’il était de mon devoir de défendre les valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la solidarité et la laïcité. » Il tiendra sa promesse, devenant le témoin attentif, critique et indigné des réformes qui, en quelques années, vont saper les fondements mêmes de l’édifice.
En une vingtaine de pages, il dresse le catalogue des coups portés, éclaire telle disposition, analyse telle loi, s’insurge et clame son refus de participer à cette « véritable entreprise de déconstruction de l’école publique ». Amer, il constate : « Je vois entrer à l’école, sous couvert de modernisation, les principes économiques et les outils de management qui régissent le monde professionnel que j’ai voulu quitter, écœuré par l’idée que les vies humaines comptent moins que les enjeux financiers. Parti de l’entreprise pour aller vers l’école, je suis en train de vivre la mutation de l’école en entreprise ! »
Mireille Roque;
source: Le lien social, http://www.lien-social.com/
- Le 01/02/2010 à 20:56
Campagne de pétition jusqu'au 19 juin 2010 sur:
http://www.appelpourlecolepublique.fr/
Signez, et faites tourner l'info, merci d'avance!
- Le 21/11/2009 à 18:02
LA SEINE-SUR-MER : L’école privée dans le collimateur
Paru le jeudi 19 novembre 2009 dans Var Matin
L'adjointe à l'Éducation souhaite retirer l'aide allouée à la maternelle privée Sainte-Thérèse, soit près de 30 000 euros par an.
Un pavé dans la mare. C'est au détour d'une délibération présentée lors du dernier conseil municipal que l'adjointe à l'Éducation, Christine Sampéré, a planté la graine d'un futur débat sur le financement des écoles privées par des fonds publics. L'élue communiste a en effet lu un projet de délibération, qu'elle souhaite soumettre au vote lors d'un conseil municipal extraordinaire (1), réclamant la suppression de l'aide communale versée aux écoles maternelles privées de la ville. En l'occurrence, il n'en existe qu'une : l'école Sainte-Thérèse.
La loi oblige les villes à participer au fonctionnement des écoles élémentaires privées sous contrat d'association, par le biais d'un forfait fixé par élève. En clair, pour chaque enfant scolarisé à l'école élémentaire Sainte-Thérèse, la Ville doit payer environ 600 euros, soit l'équivalent de ce que l'élève lui coûterait s'il était inscrit dans une école publique de la commune.
« Défendre le secteur public »
En revanche, la scolarisation n'étant obligatoire qu'à partir de six ans, les collectivités ne sont pas tenues aux mêmes engagements vis-à-vis des écoles maternelles. C'est pourtant ce que la commune faisait depuis 2005 en versant près de 30 000 euros par an pour les 46 petits Seynois inscrits à la maternelle Sainte-Thérèse. C'est cet argent que l'adjointe à l'Éducation entend récupérer et « reverser à l'école publique ».
Son argument principal ? « Défendre l'école laïque et républicaine » attaquée selon elle par la loi Carle. Votée le 28 septembre dernier à l'Assemblée nationale, elle demande aux collectivités de payer, sous certaines conditions (2), le forfait pour les élèves scolarisés dans les écoles privées situées en dehors de la commune.
Pour Christine Sampéré, cette loi institue « une triple peine pour les communes ». « Elle encourage l'exode scolaire vers le privé (...), grève les budgets locaux (...) et anéantit la gestion prévisionnelle et la programmation des investissements qui deviendront plus aléatoires chaque année », écrit-elle dans son projet de délibération. Elle demande à la municipalité de ne pas contribuer aux écoles maternelles privées hors commune.
Lettres mortes
Une telle déclaration est accueillie fraîchement par Philippe Laurent, président de l'Ogec (Organisme de gestion de l'enseignement catholique), l'association qui gère l'établissement Sainte-Thérèse. Sans contact avec la municipalité, il n'a pas été informé des intentions de l'adjointe à l'Éducation. Déjà, en cours d'année scolaire 2008-2009, la Ville avait baissé sa contribution de 10 000 euros sans crier gare.
« J'ai écrit à plusieurs reprises au maire et à Mme Sampéré, je n'ai jamais reçu de réponse », regrette Philippe Laurent. Ce dernier souhaite « établir une discussion avec la mairie » pour expliquer que « notre école est un service d'État avec des enseignants payés par l'État ».
Si l'enveloppe allouée à la maternelle Sainte-Thérèse disparaissait, « cela mettrait en danger la vie de l'école ». Et Philippe Laurent de prévenir : « Nous emploierons tous les moyens pour faire respecter nos droits ».
S'il venait à s'inviter en séance publique, nul doute que ce sujet politique, voire idéologique, ferait des étincelles.
mvalmalette@varmatin.com
1. La date n'a pas encore été fixée mais le maire s'est dit « favorable » sur le principe.
2. Lorsque l'inscription dans une école privée extérieure est liée aux obligations professionnelles des parents, pour regrouper une fratrie ou encore pour des raisons médicales.
Marielle Valmalette
- Le 29/09/2009 à 21:14
Aujourd 'hui je vous présente un site qu'on m'a recommandé (merci la fiche contact: servez vous-en et abusez!); en effet, celui-ci est assez proche du notre et contient pléthore d'informations toutes plus intéressantes les unes que les autres...
Le site "Quelle école pour demain?", c'est ICI .