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  • Ecole: silence, on privatise (Le Monde, 03.09.10)

    Le 05/09/2010 à 14:57

     

    Ecole : silence, on privatise...

    Caroline Fourest (Sans détour)

    Suppression de 16 000 postes d'enseignants, classes plus chargées, classes maternelles amputées, suppression progressive des réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased), accélération des logiques de ghettos avec la fin de la carte scolaire, suppression des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), loi Carle sur le financement de l'enseignement privé par les municipalités... La liste est longue et bien connue.Mais sa cohérence a-t-elle été suffisamment analysée ? A qui profite le crime ? Il ne s'agit pas seulement de faire des économies, mais d'un programme idéologique : faciliter l'évasion scolaire en direction du privé.

    Il existe aujourd'hui 8 200 établissements catholiques sous contrat (soit 1 961 037 élèves), auxquels il faut ajouter 256 établissements juifs (38 000), huit protestants (2 760), 82 établissements bretons catholiques (4 241), 44 écoles bretonnes Diwan (3 076), 26 écoles basques (2 508), 50 occitanes (1 627) et huit catalanes (6 000). La France est divisée, moins citoyenne, mais ce n'est rien au regard de ce qu'on lui prépare.

    L'Etat n'a plus d'argent pour l'école publique, mais en trouve pour financer l'ouverture de classes catholiques en banlieue. Xavier Darcos, ancien ministre de l'éducation nationale, a même promis 10 millions d'euros à l'école privée pour l'aider à payer ses formations (qu'il a supprimées dans le public !). Une facture que Luc Chatel hésite tout de même à régler. Peu importe. Le mécénat continuera par d'autres moyens : les niches fiscales.

    Deux fondations consacrées à financer les écoles privées, surtout les plus religieuses, se sont vu reconnaître le statut d'"utilité publique" : la Fondation Saint-Matthieu et la Fondation pour l'école. Cette dernière est issue de "Créer son école", qui s'inspire d'un autre réseau : les Créateurs d'écoles.

    Le livre d'Eddy Khaldi (que nous avons reçu l'année dernière à l'ADEP) et Muriel Fitoussi, Main basse sur l'école publique (Démopolis), nous éclaire sur la généalogie de ce mouvement : un mélange de hauts fonctionnaires, voire de futurs ministres (comme Xavier Darcos) et de têtes pensantes issues du Club de l'Horloge (Nouvelle Droite) ou de l'intégrisme catholique ("opusiens" et traditionalistes), bien décidés à animer ensemble un lobby en faveur du "pluralisme scolaire".

    Le site "Créer son école" vous apprend à créer une "école indépendante". Et la Fondation pour l'école se charge du reste, c'est-à-dire des financements... Elle a obtenu le statut d'utilité publique en un temps record. Un an à peine après sa création, François Fillon signait le décret ! Désormais, 60 % à 75 % des dons qu'elle reçoit sont déductibles des impôts et donc investis dans les écoles hors contrats de son choix. Une liste de partenaires qu'Anne Coffinier, sa fondatrice, ne tient pas à rendre publique, mais qui compte de nombreux établissements catholiques intégristes. Comme l'école de la Sainte-Famille à Dijon, tenue par la Fraternité Saint-Pie-X.

    L'inspection d'académie y a relevé des pratiques d'endoctrinement et d'humiliation (bonnet d'âne et Scotch sur la bouche) d'un autre âge. Sans que leurs rapports ne soient vraiment suivis d'effets. Ce qui n'est pas sans rappeler le climat d'impunité qui régnait à l'école bordelaise Saint-Projet, jusqu'à ce que les caméras des "Infiltrés", magazine de France 2, dévoilent le goût de ses élèves pour le racisme, et celui de ses profs pour Pétain. La fondatrice de la Fondation pour l'école ne cache pas qu'elle pourrait financer cette école si elle le demandait...

    Il existe bien d'autres écoles, particulières ou communautaires, qui attendent de fleurir grâce aux niches fiscales saignant les déficits publics en plus des 7 milliards que l'Etat verse directement aux écoles privées au titre de la loi Debré. En l'occurrence, dix établissements musulmans, un établissement sikh, et 30 établissements protestants évangélistes auxquels s'ajoutent les 600 établissements (25 000 élèves) du mouvement "Créer son école"... C'est dire si les niches fiscales ne font pas que creuser la dette. Elles creusent aussi la tombe de l'esprit républicain.

    Caroline Fourest (Sans détour)

  • Sondage CSA: ce que les français pensent de l'école, encore des raisons d'agir...

    Le 02/09/2010 à 21:03

     

    CE QUE LES FRANCAIS PENSENT DE L'ECOLE
     
    Le SNUipp a fait mener, à l’institut CSA, comme à chaque rentrée, un sondage sur l’opinion des Français sur l’école maternelle et élémentaire.

    Cette étude, menée en août 2010, montre une bascule sur le regard des français sur l’action du gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire : Seulement 28% des Français ont le sentiment que les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire vont plutôt dans le bon sens (- 12 points en deux ans), contre 44% qui ont le sentiment qu’elles vont plutôt dans le mauvais sens.

    Dans le détail, s’agissant de la réforme de l’école primaire, 55% des enquêtés estiment que le gouvernement va plutôt dans le mauvais sens pour réduire l’échec scolaire (+ 10 points par rapport à 2009), et 56% qu’il va plutôt dans le mauvais sens concernant la valorisation du métier d’enseignant (+ 8).

     80% des Français considèrent que le non-remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite est une mauvaise chose et 75% des personnes interrogées jugent, à ce sujet, que la réduction du nombre de postes d’enseignants aura un effet plutôt négatif sur la réussite scolaire des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires.


    Téléchargez le sondage 

     Sondage SNUipp/CSA opinion des Français

  • Maternelle et élémentaire: la saignée à blanc !

    Le 29/08/2010 à 20:59

     

    Maternelle et Élémentaire : la saignée à blanc !

    On vient d’apprendre que l’enseignement primaire est saigné à blanc dans les annonces de postes faites pour 2011 : moins de la moitié des recrutements par rapport à 2010 : 2 916 postes de professeurs des écoles sont proposés contre 6 577 l’année dernière (1). À titre d’exemple, l’académie de Versailles qui est l’une de celles où il y a le plus d’élèves, passe de 750 postes à 480 (2) ! C’est dramatique pour les jeunes qui envisagent de passer ce concours. Mais c’est aussi terrible pour les enfants et les familles. Car la natalité se maintient et augmente, même par rapport au baby-boom de l’an 2000 (796 000 nouveaux nés en 2008 contre 774 800 en 2000 – chiffres Insee). Et environ 11 000 professeurs des écoles partiront en retraite en septembre 2011. Qui va enseigner à ces élèves ?

    La tactique, pour le gouvernement est double. D’ici à un an ou deux, au nom de l’autonomie des établissements, l’État veut obliger à des recrutements locaux d’enseignants vacataires (pour les établissements qui le pourront selon les dons du privé, des familles et des collectivités locales). Cette application de la conception européenne des services rendus aux publics dans un fonctionnement marchand est une trahison envers l’école de la République, un gâchis face aux besoins d’une nouvelle étape de démocratisation scolaire. À court terme, le gouvernement veut fermer les classes de toute petite, petite et moyenne section de maternelle pour récupérer les postes en élémentaire et y maintenir un nombre d’enseignants tolérable face aux élèves. C’est déjà ce qui s’était passé depuis le baby-boom de l’an 2000, où ce sont les élèves de deux ans, puis trois ans (et même des quatre ans dans les zones à plus faible densité) qui n’ont plus été accueillis.

    C’est dramatique car aucune structure ne peut mieux que l’école maternelle permettre le développement de l’enfant par le biais du savoir, lui faire acquérir ce qui est indispensable à l’entrée au CP (savoir découper, tenir un stylo, classer des éléments par critères, reconnaître des sons, identifier les étapes d’une histoire…). La scolarité obligatoire dès l’âge de trois ans (et la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent) est nécessaire pour avancer vers l’égalité de réussite scolaire, pour préparer chacun à une scolarité longue, indispensable dans un monde où les savoirs seront plus complexes. Créons des collectifs de lutte, école par école, pour obtenir l’ouverture des classes nécessaires à cette scolarisation.

    Avant deux ans, les naissances se poursuivant, l’exigence grandit de création d’un service public de la petite enfance pour à la fois harmoniser les structures existantes et déployer les capacités d’accueil sur tout le territoire national. Ces structures sont un atout pour le développement de l’enfant. Elles le sont aussi pour libérer les couples, et en particulier les jeunes mères dans leur vie sociale et professionnelle.

    L’augmentation des effectifs montre un défi : répondons-y non par le marché, mais par le service public d’éducation, comme un enjeu de civilisation !

    (1) http://www.education.gouv.fr/cid52536/postes-offerts-aux-concours-de-recrutement-2011.html.

    (2) Les chiffres par académie : http://www.education.gouv.fr/cid4438/postes-offerts-aux-concours-externes.html.

    Par Emilie Lecroq, Saint-Denis, 
réseau école du PCF

  • Les livres de la rentrée

    Le 03/08/2010 à 16:58

    voilà un petit article que Famili a consacré aux livres pour enfant ayant comme thème l'école et la rentrée...à lire sans modération !


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  • Quel rapport qualité/prix pour l'école gratuite ?

    Le 02/08/2010 à 14:37

    Quel rapport qualité / prix pour l’école gratuite ?

    Posté par Marlène Schiappa
    le 4 septembre 2009 à 8 h 38 min

    Montessori, écoles bilingues, maîtrises, écoles religieuses… la rentrée fait la part belle à l’enseignement privé ou « alternatif ». Mais que reste-t-il à l’école publique? 

     


    Depuis les lois Ferry de 1881 et 1882, l’école primaire est gratuite, laïque et obligatoire pour les garçons et filles de 6 à 13 ans. Mais face à l’offre pléthorique d’éducation payante ou alternative, vaut-elle encore quelque chose ?
    Stéphanie François est présidente de l’association des parents d’élèves de son village de la Loire depuis 2 ans. Satisfaite « à 200% » de son choix de mettre ses enfants à l’école publique, ancienne parisienne, elle avoue pourtant être privilégiée : « C’est une petite école familiale, le matériel est fourni, les enseignants sont proches des parents et très impliqués, et la mixité sociale est garantie. » Elle confesse « si j’étais restée en région parisienne, j’aurais sûrement opté pour une école privée. Mon mari était policier et je n’ai pas envie que mes enfants se fassent agresser à l’école, comme ça a été le cas pour des collègues à lui. » L’école publique gratuite, oui, mais pas n’importe laquelle.

    Toutes les écoles ne se valent d’ailleurs pas, au sein d’une même région. Entre les maternelles flambant neuves avec mini-toilettes, quatuor à cordes pour Noël et classe de 22 élèves dans les quartiers huppés; et celles des villes plus pauvres où les enfants font la sieste à même le sol sur un petit tapis par manque de budget (« 35 élèves, 30 lits seulement et pas les moyens d’investir  au niveau de la commune» confie une ADSEM horrifiée) c’est la loterie. Ce qui enjoint certains parents à se tourner vers les écoles payantes, privées ou alternatives.

    35 élèves pour 30 lits dans le public

    David, parent de trois enfants scolarisés dans les Yvelines, s’est penché un temps sur les écoles privées bilingues à 500 € par mois en moyenne. « Mais il n’y a que quelques heures d’enseignement d’anglais ! J’ai vite compris que le prix prohibitif était en fait destiné à exclure les personnes aux revenus moyens ou faibles. Ou comment, dès l’enfance, l’élite financière ne se mélange pas avec la plèbe. » Il a donc inscrit ses enfants à l’école dite communale et en a profité pour leur offrir une heure d’Anglais chacun par semaine. « A 15 € de l’heure, soit environ 2250 € à l’année, j’économise encore : l’école bilingue pour trois enfants, ça faisait 15 000 € par an ! A peine moins que le salaire net de mon épouse. » ironise le père de famille, qui espère ainsi que ses enfants auront le niveau requis pour entrer dans un collège prestigieux.

    Comme lui, Irène s’est posé la question pendant la dernière année de nourrice de sa fille avant de trouver une réponse : Montessori. Cette école privée laïque sous contrat, présentée comme bilingue et libertaire, est directement inspirée des théories de Maria Montessori, inventrice de l’école maternelle. En plus de l’enseignement « classique » (mais « en s’amusant et en respectant le rythme et les dons naturels de chaque enfant», précise-t-on sur les brochures de présentation)  plusieurs activités extra-scolaires sont proposées.

    Montessori : yoga pour les  3-6 ans à 550 €

    Ainsi, dans une de ces écoles Montessori du centre de Paris, vous pouvez inscrire en sus votre enfant de 3 ans au yoga pour la modique somme de 500 € + 50 € de frais d’inscription. Consciente que ce tarif est exorbitant pour un quidam, de surcroit pour une famille nombreuse, Irène pense avoir trouvé une solution : « Il suffirait d’augmenter les subventions octroyées aux écoles privées et tout le monde pourrait y  mettre son enfant ! »
    En effet, l’article 89 de la réforme du 13 aout 2004 sur le mode de financement des écoles privées parle d’ « inégalité entre les écoles privées et les écoles publiques » (en clair, les écoles privées seraient lésées par rapport aux écoles publiques puisque ces-dernières profiteraient de plus larges subventions) pour justifier l’octroi de financements publics aux écoles privées laïques, mais aussi religieuses. « Et bien que cela soit contraire à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, puisque celle-ci précise que ‘’La République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte ‘’ » bondit Justine.

    Cette professeur des écoles doit garder l’anonymat en raison du « droit de réserve » propre aux fonctionnaires (leur interdisant toute critique publique) mais elle analyse : « La théorie Montessori est bien belle, mais le but de l’école est de donner un cadre à l’enfant ! Si Théo veut faire du dessin à 10 heures 30, il ne fera pas de dessin à 10 heures 30, il en fera à 15 heures comme toute la classe. L’école apprend la vie, et dans la vie, vous ne pouvez pas lâcher votre bureau pour aller faire du chant choral quand l’envie vous prend ! Alors si des parents veulent éduquer leurs enfants comme ça, libre à eux, mais pas en se servant dans la maigre tirelire de l’école publique ! »

    Pour elle, si on consacrait le budget alloué aux écoles privées aux écoles publiques, chacun pourrait être scolarisé dans les meilleures conditions. En effet, ce sont plus de 300 millions d’Euros de fonds publics qui sont ainsi utilisés pour financer l’enseignement privé. Pour Justine, « au détriment des familles qui ne peuvent y scolariser leurs enfants pour des raisons financières ou tout simplement par conviction. »

    16 000 postes d’enseignants supprimés en 2010 (et un nombre d’élèves pas classe “préoccupant”)

    Dans une pétition lancée conjointement par de multiples organisations d’enseignants, de parents, de citoyens, (DDEN, FCPE, FO Union Départementale, FO Enseignement, FSU SNUIPP, Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, SDEN CGT, SGEN CFDT, UNSA…) relayée sur le blog du Cercle Pierre Mendès France de l’agglomération de Troyes, il est demandé l’arrêt pur et simple de ce mode de financement, arguant que « la commune n’a pas à financer le choix de certains parents de ne pas scolariser leurs enfants à l’école publique ».

    Enfin, Irène, qui vit dans le 7ème arrondissement de Paris, l’affirme : si les classes des écoles maternelles étaient moins surchargées, elle n’aurait même pas envisagé de se tourner vers une éducation payante. Comme elle, 39% des parents jugent le nombre d’élèves par classe « préoccupant » depuis 2005, d’après un sondage TNS Sofres. Ils vont devoir prendre leur mal en patience :  Xavier Darcos annonçait en juin dernier à La Tribune que plus de 16 000 postes seraient supprimés dans l’éducation nationale sur l’année 2010.

    Marlène Schiappa

  • "Presque" trève estivale du site de l'ADEP

    Le 04/07/2010 à 21:58

    Dès aujourd'hui,votre site passe en mode "estival", donc allégé jusqu'à fin août.

    C'est l'occasion pour vous, lecteur, de vous replonger dans les thèmes qui sont chers à l'association, à savoir la défense de l'Ecole Publique et des valeurs qu'elle inspire, au travers des nombreuses pages que ce site contient, avec l'aide de nombreux blogs nationaux et  de collectifs toujours actifs, que je tiens à remercier aujourd'hui.

    Afin d'inspirer notre combat qui reprendra dès la rentrée, j'ai tenu à rajouter un dernier article, spécialement dédié à tous les enseignants qui nous accompagnent depuis le début de l'aventure ADEP; c'est ICI .

    Enfin, n'oubliez pas que l'ADEP, c'est aussi des conférences et des ateliers débats, dont le prochain se situera en octobre, avec un thème d'actualité: les réseaux sociaux, les écrans et nos enfants, en partenariat avec la MJC de La Roche sur Foron.

    Sandrine.

    BONNES VACANCES A TOUS

  • RASED: Les bons comptes ne font pas toujours les bons amis...par Marie-Cécile

    Le 23/06/2010 à 09:19

    Les bons comptes en font pas toujours les bons amis.. Par Marie-Cécile

    Nous avons décidé, nous personnels des RASED considérés comme Restes Ajustables Soumis à Extinction et Disparition de ne pas donner ni faire remonter nos chiffres d’activité cette année.

    Pourquoi ?

    Une partie d’entre nous avait déjà décidé de ne plus faire de projets : sans avenir, pas de projet ! nous refusons maintenant de donner nos chiffres ! On nous somme de faire du chiffre comme si on fabriquait des chaussettes. On nous laisse miroiter qu’avec de bons chiffres, on pourrait peut-être sauver quelques postes et jusqu’à quand ? Mais on a déjà vu ça chez les fabricants de chaussettes justement chez Dim ou Good Year (à moins que ce ne soit Michelin ou Continental ) :

    Vous n’êtes pas compétitifs ! “Les autre travaillent plus pour moins cher !

    Renoncez à vos 35 h, à vos pauses et à vos primes, ce sont vos privilèges qui vous tuent ! ” Et on renonce, et on commence à regarder le voisin d’un sale œil parce que bien sur, lui qui a pris sa journée hier, il va faire baisser le rendement et peut-être que c’est notre atelier qui sera fermé et pas l’autre ! pourtant nos chiffres à nous sont meilleurs ! Et l’usine ferme quand même !

    Et on n’a même pas la satisfaction de s’être battus et tenus debout, solidaires et dignes.

    Les chaussettes en moins, on nous fait exactement la même chose.

    On nous sussure qu’avec de “bons” chiffres, sous entendu une “bonne” pratique, on pourrait être sauvés alors que les décisions sont déjà prises. On appelle ça du double lien je crois et ça rend fou.

    Parce que le comptage c’est le début de la maltraitance. Parce que dans notre pratique 1 n’est pas égal à 1.

    Un enfant un seul, peut nous mobiliser 10 fois plus qu’un autre mais si s’occuper de lui sauve la classe on le fait valoir trente ?

    Que nous, entre nous, on regarde ce qu’on fait en se servant de nos chiffres accompagnés de nos remarques, certes. Si par exemple, on s’aperçoit au terme de trois années de travail régulier sur une maternelle qu’on a moins de demandes d’aide sur les CP eh bien tant mieux pour nous et pour les enfants aussi ; on aura gagné quelque chose ! Mais pour l’inspecteur, cela voudra dire qu’on a moins besoin de Rased sur cette maternelle puisque les demandes au CP sont en baisse ! CQFD !

    On n’a pas à prouver notre utilité, on l’a déjà fait, et plus d’une fois. Il existe des études là dessus. Les chiffres, ils s’en serviront de toutes les façons contre nous.

    Rappel : il existe une étude sur la corrélation entre la taille des classes et la réussite scolaire ; ils l’ont mise au pilon ! Et notre grand comptable en chef de dire en se rengorgeant ; “des études récentes montrent qu’il n’existe aucune corrélation etc..

    Quelles études ? il s’en fiche ! il dira n’importe quoi : lui il compte et il enterre ! Et si son prédécesseur ne connaissait pas la règle de trois, lui en calcul, il ne connait que la soustraction.

    On n’est pas obligé de se faire du mal en passant notre vie à nous justifier. C’est comme ça qu’on creuse sa propre tombe. Recommençons à croire en nous même sans ces maudites petites croix qu’on nous demande de mettre partout comme si on était les gardien(ne)s de nos propres cimetières !

    Attention aussi aux demandes des syndicats qui en CAPD (commissions paritaires) défendraient mieux les poste s’ils étaient argumentés :

    On nous fait encore le coup du “dans l’atelier d’à côté"

    Au nom de quoi va-t-on décider que le Rased de la 15 B sera supprimé pour conserver celui de la 20°A ? Parce que si on en est là, je peux aussi aller lui casser les jambes à celle de la 15 A. Non ?

    Nous on veut tout conserver et même on en veut plus ! En matière de nombres de personnels de Rased moi ma seule ligne politique est celle du poussin masqué de Claude Ponti :

    “Quand c’est bon c’est jamais trop !”

    Petite histoire de chiffres pour finir (provisoirement). Avant d’être rééducatrice, je travaillais sur un centre d’enfants handicapés. Une mienne inspectrice avait réduit nos effectifs sur le papier d’une manière fort originale : tous mes élèves avaient des séances de kiné, d’orthophonie, d’ergothérapie voire de Psy sur le temps scolaire eh bien chaque enfant ne valait plus 1 mais 0, 75 ou pire. Retranchez 3h 10 de 27 h et faites les calculs. Je me retrouvais non pas avec 7 enfants mais avec 5, 82. Ce qui était curieux c’est qu’à l’inverse on ne pouvait pas rajouter les enfants qu’on recevait en post opératoire. Pourtant ça aurait pu être rigolo de rajouter trois enfants à 92 pour cent sur 32 pour cent de l’année. Et pas question non plus de rajouter les heures de synthèses ou les dimanches qu’on y passait pour ramasser un peu de fric parce que pour une obscure raison de secteur géographique mal défini j’ai travaillé là trois ans avec zéro centimes de subventions pour le matériel scolaire pas même un stylo !

    Je me rappelle de la sortie de la chef de service à qui je portais mes doléances :

    - “Et comment faisiez vous avant l’invention de l’informatique ?

    - Moi : “et vous ? Avant les scanners ? ”

    J’ai toujours refusé d’entériner ce genre de truc mais certaines collègues le faisaient et se cassait la tête à calculer mais que calculait-elle ? la valeur de leur travail ou bien la chance qu’elles avaient de n’avoir que si peu d’élèves ? Ou d’y mettre tant d’énergie et d’abnégation ?

    Rappelez vous bien : ils parlent d’extinction des psychologues scolaires mais c’est pas les espèces en voie de disparition qu’on comptabilise ? Un tigre, deux lions, un rééducateur, deux psy … les “Hérréros” et les peuples “Patagons” quand on les éradiquait c’était leurs mains coupées qu’on comptait.

    Oh j’ai dit un gros mot ? mille excuses c’est pas de l’éradication ? C’est de la réorientation sociale …. ou de la revalorisation de potentiel-je-sais-pas-quoi ; j’arrive pas à retenir la nov langue de notre petit comptable châtelain : désolée.

    Marie-Cécile

    A lire sur RASED en lutte: http://rased-en-lutte.net/2010/06/les-bons-comptes-en-font-pas-toujours-les-bons-amis/

  • "On ne peut repenser le temps scolaire, sans réfléchir au contenu des cours" (Ph.Mérieu)

    Le 19/06/2010 à 15:50

    Alors que le ministre de l’Education installe aujourd’hui le comité de pilotage qui devra pendant un an travailler à la refonte des rythmes scolaires français, Philippe Meirieu, professeur des universités en Sciences de l’éducation, membre d’Europe Ecologie, est l’invité de France Info. Pour lui, il y a urgence à réformer les rythmes, mais en réfléchissant simultanément aux programmes et aux pratiques pédagogiques...

  • Formation des enseignants: ce sont les boîtes privées qui en parlent le mieux...

    Le 08/06/2010 à 22:53

    Intégral sur: http://www.forprof.fr/cms_formation-continue-des-professeurs..._41.html

    Formation continue des professeurs débutants

    Stage de prise en main et de gestion de votre première classe du 23 au 27 Août 2010

    Vous allez réussir le concours de juin 2010 et, dès le 1 septembre 2010, vous allez vous retrouver devant une classe sans avoir été préparé techniquement à faire ce métier. Or, prendre une classe en main sans formation est difficile, voire risqué. Réussir sa première quinzaine de classe est indispensable pour réussir son année.

    Le Centre National ForproF va vous aider à réussir cette première prise de fonction. Pour cela nous allons organiser, pour vous, les Lauréats du concours de juin, un stage d'été.

    Ce stage aura lieu dans toutes les grandes métropoles régionales avec, comme objectifs :

    - Acquérir les savoirs et gestes professionnels du Professeur des Ecoles lors de sa prise de fonction (comment gérer les premiers jours ? comment organiser et conduire la première réunion avec les parents ? Les premières séances d'apprentissage, comment les organiser ? Comment s'imposer ? Quelle attitude avoir devant telle ou telle difficulté ?)
    - Construire avec les conseils d'un ForproFesseur  votre programmation du premier trimestre.
    - Construire les premières séances d'apprentissage pour les 3 premières semaines de la rentrée.

    Stage d'accompagnement  et de perfectionnement pédagogique (pendant les vacances de Toussaint, d'hiver et de pâques).

    Vous êtes, dans vos trois premières années de classe. La pratique au quotidien vous fait mesurer la difficulté de ce métier. Des stages de 5 jours seront organisés à chaque vacance scolaire pour permettre d'améliorer votre quotidien d'enseignant.

    Ref.:  Stages ForproF - Bien vivre sa classe -   Vacances de Toussaint ou d'Hiver ou de Pâques ou d'Eté (nous consulter)

     

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  • Fermeture à Marignier: les parents d'élèves se mobilisent

    Le 08/06/2010 à 22:49

    MARIGNIER
    École maternelle : les parents d'élèves en colère

    par La Rédaction du DL | le 08/06/10 à 20h02

     

     

    Les parents d'élèves de l'école maternelle du Centre se sont réunis cet après-midi, devant l'établissement et ont déployé d'immenses banderoles, pour dire leur colère.

    Le 4 juin dernier, la commission paritaire a en effet confirmé la possible suppression de l'une des cinq classes de l'établissement.

    « 123 enfants sont déjà inscrits pour l'année scolaire 2010/2011, ce qui porte les effectifs à 31 enfants par classe », précisent les représentantes des parents d'élèves, Muriel Nesme et Aline Borrego.


    Paru dans l'édition 74B du 09/06/2010 (2.2813849264) 

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